histoire

Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /2008 15:52

On a beaucoup parlé de Synarchie dans les années 1930 et 1940.  On entendait par là révéler un complot visant à imposer à la France un gouvernement technocratique. Ces accusations émanaient surtout de l'extrême gauche et de l'extrême droite. On en trouve la trace dans des livres, journaux, notes personnelles et circulantes, etc. Seulement voilà on manquait cruellement de preuves jusqu'à l'ouverture des archives aux alentours de l'an 2000. L'histoire officielle a donc taxé ces thèses de théories du complot. Ils étaient aidé en ce sens par le fait que ces théories, de même que les fameux mythes ceux-là des des complots juifs ou franc-maçons, étaient surtout l'apanage de l'extrême droite.

Seulement voilà il y a bien eu complot. L'histoire officielle jusqu'ici transmise dans les manuels scolaires (et autres) ne résiste pas à l'analyse des sources. Annie Lacroix-Riz le démontre dans son ouvrage polémique Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 30, éd. Armand Colin, 2006...

Selon elle toutes les archives tendent à montrer que ce sont les élites économico-fiancières auxquelles sont assujettis politiciens, journalistes et même militaires qui ont favorisé aussi bien la défaite de la république espagnole que la défaite de l'armée française durant la guerre civile espagnole pour la première et en 1940 pour la seconde..

Plus grave encore, selon elle le poids des élites est beaucoup plus important à l'heure actuelle que dans le années 30 et 40. Cela nous nous en doutions mais il est important que des chercheur(euse)s de poids tel(le)s que madame Lacroix-Riz apportent du crédit à nos convictions par des travaux basés sur la critique historique la plus pointue.

Conférence de Annie Lacroix-Ruiz à propos de son livre Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 30




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Vendredi 3 août 2007 5 03 /08 /2007 19:11

1. Introduction

Le passage du Moyen-Age à la Renaissance et à l'époque moderne s'est écrite dans les larmes et dans le sang. La découverte du Nouveau Monde ou plutôt son exploitation, sa colonisation et le pillage de ses richesses par l'Europe allaent modifier à jamais l'histoire du monde. De cette énorme aventure ne pouvait que naître un monde nouveau avec :

  • des bases économiques différentes
  • des idées philosophiques différentes
  • des principes religieux transformés
  • des hommes nouveaux basés sur les différents métissages issus des rencontres entre des peuples qui se rencontrèrent
  • des richesses nouvelles attisant la cupidité des hommes
  • l'Europe occidentale allait se montrer la plus habile dans sa capacité à utiliser les découvertes issues des peuples rencontrés.

Bref des révolutions au niveau des moeurs, des rapports entre les hommes (politique) et de la science allaient trouver leur aboutissement dans et par ce mouvement que l'on a appalé aufklarung (des lumières)! Nous analyserons dans ces chapitres, les révolutions politiques majeures qui touchèrent le monde anglo-saxon : l'Angleterre et les Etats-Unis d'Amérique.

C'est en Angleterre que les évènements révolutionnaires vont commencer. Ce pays connait en effet au XVIIe siècle des mutations sociales très profondes. Au niveau commercial : au début de ce siècle, la supériorité de la flotte anglaise y assure un commerce maritime très important. De plus, son industrie du textile est sur le point de devenir plus prospère que celles des Pays-Bas et du nord de la France.

Socialement, c'est d'ailleurs, au cours de cette période qu'apparaît en Grande-Bretagne une classe de nouveaux riches, la "parish elite" (bourgeoisie). Cete dernière s’enrichit et contrôle le Parlement, qui s’oppose au pouvoir absolu du roi.

La noblesse, pour sa part, a vu son son pouvoir s'affaiblir par la guerre des Deux Roses à la fin du 15ème siècle et se retrouve  dès lors sans privilèges juridiquesconcrets. C’est pourquoi elle délaisse son rôle traditionnel pour se lancer dans l’activité commerciale. Le mouvement des enclosures est représentatif de cette tendance : afin de pratiquer l’élevage commercial, les propriétaires terriens ferment l’accès des terrains communaux, mettant ainsi fin à une tradition millénaire. Or, en clôturant les terrains, ils condamnent des milliers de paysans à la famine. A ce niveau le pays est au moins un siècle en avance sur les reste du monde (européen). La conséquence directe de ces mesures est d'envoyer des milliers de paysans tenter leur chance vers le Nouveau-Monde afin d'y faire fortune.

L'aspect religieux est pour ces gens surtout, également un facteur décisif. La doctrine calviniste, qui fait naître un puritanisme religieux, remet en question le pouvoir établi, car elle offre la liberté morale à quiconque se croit élu. De ce fait, la grâce de Dieu peut se manifester dans le succès, le pouvoir et la richesse. En outre, elle est accordée aux personnes de toutes origines sans distinction. L’idée selon laquelle la grâce divine est offerte de façon inconditionnelle se nomme l’antinomianisme. Il s’agit d’une doctrine qui exclut toute notion de péché ainsi que toute justification des inégalités sociales et du pouvoir exercé par quelques-uns sur les autres. La doctrine antinomianiste se répand rapidement au XVIIe siècle, si bien qu’une révolution a lieu en 1642. Celle-ci est déclenchée par des groupes politiques radicaux appelés les levelers (niveleurs) et les diggers (creuseurs). Pour eux, l’édifice politico-religieux qui soutient la monarchie et l’aristocratie est une fable et une usurpation du pouvoir. Leur programme rend compte de leurs opinions politiques : ils exigent l’abolition de la monarchie et de la propriété privée, le suffrage universel pour tous les citoyens, le retour à la vie en autarcie et l’interdiction des enclosures.

Pour contrer cette révolution égalitariste, l’élite anglaise élabore la convenant theology. En vertu de cette doctrine, la relation entre Dieu et l’élu consiste en une sorte d’échange : Dieu se charge du salut des hommes, les hommes se chargent d’appliquer sur terre sa loi. Cette doctrine présente l’avantage de concilier le rôle de la volonté humaine et la toute puissance divine. La convenant theology convient fort bien à la bourgeoisie anglaise, car elle offre la justification d’une inégalité sociale par le fruit d’un honnête travail. La bourgeoisie anglaise a donc le droit d’exister, de s’enrichir et de gouverner au Parlement avec la sanction de Dieu. Toutefois, pour que la bourgeoisie puisse jouir de ces privilèges, le pouvoir absolutiste du roi doit être aboli. C’est d’ailleurs ce refus de l’absolutisme qui est l’objet de la guerre civile de 1642 et de la Glorieuse Révolution de 1688.

A noter également que l'Anglerre a une très forte tradition anti absolutiste. Dès 1215, les barons avaient déjà imposé la magna Carta à Jean sans Terre : ce texte que l'on peut observer au British Museum restreignait les prérogatives royales. Notez également que le Parlement n'a pas la même fonction en Angleterre qu'en France. Chez les anglais, le Parlement joue un rôle politique et discute des lois et surtout de la levée des impôts. En France il est une chambre à rôle essentiellement judiciaire. Les anglais n'ont jamais accepté l'absolutisme royal surtout quand celui-ci se montre tyrannique. S'ajoutte à cela la réforme qui joue un rôle essentiel : les hommes ont le droit et le devoir de s'enrichir, c'est même un signe de la grâce divine. Sur ce point de doctrine les catholiques et les calvinistes surtout sont en total désaccord.[1]

Notes :
[1] Tiré de Gaston Lavergne dans www.esplanade.org/democratie
Max Weber publie en 1905 l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme. C'est à ce père de la sociologie et de l'anthropologie que l'on doit l'explication claire de l'émergence du capitalisme qu'il associe à une «révolution des esprits, engendrée par la tourmente luthérienne». Bref, la relation que Weber établit entre l'éthique protestante et l'esprit du capitalisme repose sur le fait que le protestantisme représente le triomphe de la raison sur l'irrationnel dans le rapport de l'homme au réel.

2. Premier acte (1642-1660)[1]

La révolution anglaise va marquer la naissance de la démocratie moderne et se déroulera en deux actes (1642-1649 et 1688).

En 1637, la tentative de Charles 1er d’imposer la liturgie anglicane aux presbytériens écossais poussent ceux-ci à la révolte. Ils lèvent une armée pour occuper, en 1640, le nord de l’Angleterre. Le 3 novembre 1640, Charles 1er convoque le Parlement (qui alors porte le nom de Long Parlement) afin de ramasser l’argent nécessaire pour lutter contre les Écossais. En échange de son aide, le Long Parlement exige des réformes et met en accusation deux conseillers du roi soupçonnés d’être responsables de sa politique absolutiste. Condamnés pour trahison, Thomas Wentwort (comte de Stratford) et William Laud (archevêque de Canterbury) sont décapités. Le Long Parlement ne se contente pas de ces dernières demandes. Le 1er décembre 1641, ses membres se mettent d’accord sur les actes à reprocher au roi. Le Long Parlement rédige ainsi la « Grande Remontrance », un exposé de griefs contre le roi. Il exige en outre le contrôle du choix des ministres, qui représentent le pouvoir exécutif. La rupture entre le roi et son Parlement devient inévitable. En 1642, Charles 1er pénètre dans le Parlement pour tenter d’arrêter cinq députés, dont John Pym et John Hampden. Cela provoque un soulèvement à Londres, ce qui oblige le roi à se réfugier à Oxford. C’est ainsi que la guerre civile éclate. En 1643, le Long Parlement s’assure du soutien de l’armée écossaise. Le Long Parlement compte alors comme membre influent Oliver Cromwell (1599-1658), un puritain intolérant mais doué d’un réel talent politique et militaire. Celui-ci, animé d’un redoutable fanatisme religieux, lève un régiment de cavalerie baptisé Ironside (les côtes de fer) et défait les royalistes le 2 juillet 1644 au cours de la bataille de Marston Mood. L’année suivante, James Graham, marquis de Montrose, rallie les clans des Highlands à la cause du roi Charles 1er. Cromwell est alors chargé d’écraser les forces royalistes, ce qu’il fait lors de la bataille de Naseby le 14 juin 1645. La première phase de la guerre civile s’achève en avril 1646 lorsque les Écossais livrent Charles 1er au Parlement en échange d’une rançon.

De 1646 à 1649, des idéologies plus égalitaires se développent et menacent le pouvoir de la bourgeoisie du Parlement. Les nivelers de John Liliburne tentent sans succès de rallier à leur cause les principaux protagonistes de la révolution. Alors que les débats politiques et religieux font rage au Parlement, Charles 1er s’évade de Londres et réussit à conclure une alliance avec les presbytériens écossais. En 1648, une armée écossaise envahit l’Angleterre, pour toutefois être battue à Preston. Défait, le roi est amené à Londres. Cromwell débarrasse le Long Parlement de ses opposants pour ne garder que les puritains, qui formeront désormais le « Parlement croupion ». Il fait juger le roi par un haut tribunal de justice, qui le déclare coupable de haute trahison. C’est ainsi que, le 30 janvier 1649, Charles 1er est décapité.

Le Parlement croupion abolit non seulement la royauté mais également la Chambre des lords. De cette façon naît la république d’Angleterre, ou Commonwealth, approuvée par Cromwell. Aussi, bien que ce dernier ait toujours refusé de se faire couronner, il n’hésite pas à se faire nommer lord-protecteur à vie de la république d’Angleterre le 16 décembre 1653. Finalement, Cromwell, devenu impopulaire, meurt le 3 septembre 1658 et est enterré à l’abbaye de Westminster. Son fils Richard, qu’il a désigné comme son successeur, doit abandonner le pouvoir en 1659. Les bourgeois du Parlement décident alors de rappeler Charles II pour en faire leur roi.

Notes:
[1] Tiré de : Gaston Lavergne à www.esplanade.org/democratie.

3. Second Acte (1688)[1]

Charles II règne de 1660 à 1685. Bien qu’il souhaite le pouvoir absolu et qu’il est favorable au catholicisme, il est un homme de compromis. Il se montre toutefois hostile à la bourgeoisie de Londres, qui prétend concilier la recherche de l’argent et le souci de l’au-delà. De même, Charles II s’oppose à la noblesse capitaliste qui fait clôturer ses terres, interdisant ainsi aux pauvres d’y mener leurs bêtes en pâturage. Pourtant, il se doit de composer avec le Parlement, car le système électoral est tel que la bourgeoisie capitaliste (gentry) domine à la Chambre des communes. Vers 1680, on les nomme les « whigs » (brigands écossais), tandis que leurs adversaires issus des milieux anglicans et ruraux traditionnels sont appelés les « tories » (insurgés irlandais). Charles II et la majorité du Parlement s’affrontent alors à propos de la prérogative royale. Le Parlement se montre ferme en refusant au roi des crédits militaires. Par ailleurs, en 1673, le Parlement vote une loi, le Bill of Test, qui prétend exclure les non-anglicans de toute fonction administrative ou militaire. En 1679, il vote l’habeas corpus, dirigée contre l’arbitrage royal. Par cette institution, toute personne arrêtée doit être présentée dans les 24 heures à un juge. Parfois aigu, le conflit entre le roi et la majorité du Parlement ne dépasse pas certaines limites. Mais ce grand roi de compromis meurt en 1685.

Après la mort du roi, la situation politique et religieuse en Angleterre s’envenime. Le catholique Jacques II, qui succède à son frère Charles II en 1685, s’aliène rapidement l’opinion publique par des mesures impopulaires. L’immense majorité des Anglais ne peuvent admettre que le roi tente de replacer l’Église d’Angleterre dans le giron catholique. De plus, la bourgeoisie est violemment hostile à toute tentative de restaurer le pouvoir absolutiste. Elle juge inadmissible que le roi dispense certains de ses sujets de l’obéissance au Bill of Test et qu’il se proclame lui-même au-dessus de la loi. Les jours de Jacques II sont comptés puisqu’une révolution va mettre fin à son règne. Cette révolution est surnommée la Glorious Revolution (la Glorieuse Révolution), car elle n’engendre pratiquement pas de violence.

Les opposants au roi demandent au protestant Guillaume d’Orange de s’emparer de la Couronne. Lorsque celui-ci débarque à Torkay avec une armée anglo-hollandaise le 5 novembre 1688, Jacques II se réfugie en France auprès de Louis XIV. En janvier, le Parlement déclare le trône vacant. Il l’offre à Guillaume et à son épouse Marie Stuart, à la condition qu’ils jurent de respecter la Déclaration des droits. Il s’agit d’un texte qui résume les droits reconnus aux Anglais et selon lequel le souverain ne peut établir l’absolutisme. Ainsi, il est interdit au roi de suspendre des lois, d’empêcher leur exécution et d’ériger une juridiction d’exception. Il ne peut pas non plus percevoir d’argent ou entretenir une armée sans le consentement du Parlement. Cette révolution sans effusion de sang est un succès : elle assure la souveraineté au Parlement et la prospérité en Angleterre. L’institution du régime constitutionnel est une victoire de la démocratie sur l’absolutisme. Le parlementarisme britannique est né.

Notes :
[1] Tiré de : Gaston Lavergne à www.esplanade.org/democratie

4. Analyse du développement politique de la révolution anglaise [1]

La première chose qui saute aux yeux lorsque l'on analyse la Révolution anglaise, c'est le temps qu'il a fallu pour passer d'une monarchie absolue à une monarchie constitutionelle et parlementaire réelle. Le processus commence en fait avec la Pétition des droits - en 1628 sous le règne de Charles Ier - pour se terminer en 1689 avec Guillaume d’Orange. Sans rentrer dans les détails philosophiques, c'est que, quoi qu’il en soit, ce que nous constatons actuellement est que le modèle de la pratique historique de cet événement révolutionnaire coïncide parfaitement avec la théorie politique aristotélicienne. Ce qui est en contradiction avec le modèle du temps qui est plutôt basé sur un retour au platonisme mais soit. Disons que nous assistons , d'une part, à l'émergence de l’individualisme qui est un produit du droit, et d’autre part, que cet individualisme secrète nécessairement le pluralisme et l’État de droit.

En 1628 donc, le parlement anglais demande au roi Charles 1er des garanties contre les actes arbitraires du pouvoir, se rapportant essentiellement à la police et à la fiscalité. Ce dernier se refusa à accorder de telles garanties, en arguant qu’en tant que représentant de Dieu (dans son royaume) il ne pouvait commettre des actes arbitraires. Donc que le Roi ne pouvait pas faire le mal. Dès lors la rupture avec le Parlement va conduire à sa dissolution, à la guerre civile, à la déroute de la monarchie et à la décapitation du roi en 1649.

Mais tous ces évènements n'aboutirent à rien car pour leur part, ni Lord Cromwell, ni son fils, pendant la brève période de la République anglaise, n’ont pris de mesure en vue d’assurer la garantie juridique des membres de la communauté sociale. Mais n'oublions pas que Cromwell était un dictateur.

C'est sous Charles 2 que le Parlement va discuter de la célèbre loi de l’Habeas Corpus dont le but essentiel est d’assurer et garantir la liberté des individus. C’est ainsi que la sécurité juridique va se manifester en tant que phénomène sociologique de première importance car la sécurité juridique est le fondement de l’individualisme, donc du fait que chacun est pour lui-même et tend à s’accomplir selon la logique de l’égalité numérique, c’est à dire qu’un vaut un et pas plus qu’un. Cette discussion est fondamentale car c'est la discussion et l’adoption de cette loi qui donne naissance aux deux partis politiques de l’époque : les Whigs et les Tories (les libéraux et les conservateurs). Ce qui montre d’une manière particulièrement significative que l’individualisme secrète nécessairement le pluralisme.

A noter également que si l’individualisme produit le pluralisme, le pluralisme, lui, ne saurait exister en dehors de l’État de droit car des tendances sociales en dehors des règles politiques, ne sont que de simples factions menant, tôt ou tard, à l’affrontement entre elles et donc à des guerres civiles.

L’empire de la loi, le règne d’un texte fondamental, va se manifester alors comme une nécessité t l'Habeas Corpus va trouver son aboutissement logique dans la Déclaration des droits du 23 février 1689. En effet, l’institutionnalisation de l’individualisme mène à l’égalité numérique (Aristote, La Politique, VI, 2) et donc à la loi du plus grand nombre. C’est alors que se produit le passage de la souveraineté du souverain (Jean Baudin) à la souveraineté de la majorité. De sorte que l’institutionnalisation de l’individualisme - conditionné par le principe de l’égalité juridique - mène d’une part, à la concrétisation du principe de la justice numérique - et de l’autre, à la réalisation de la justice corrective. C’est ainsi qu’au niveau de l’échange va se manifester le principe de l’égalité proportionnelle. Car entre égaux l’échange ne peut être que proportionnel.

Cela dit, ce processus qui mène à la communauté d’égaux - à la fin éthique du social - ne trouve pas sa fin dans l’État de droit. Cet ordre est pour ainsi dire la concrétisation du commencement de ce mouvement conventionnel. Car l’individualisme secrète nécessairement le pluralisme et s’accomplit dans l’État de droit. Ce n’est que par la suite que la dimension du politique se réalise dans la pratique sociale et va se manifester soit comme ordre oligarchique, soit comme ordre démocratique.

Pour ce qui est de la « Déclaration des Droits » du 23 février 1689, il convient de rappeler qu’elle ne fait qu’exprimer la logique de base de la norme fondamentale de toute Constitution. En effet, selon cette Déclaration, le Roi ne peut pas être au-dessus de la loi, et puis l’exécutif doit être responsable devant le législatif. Par conséquent ces deux exigences ont comme fondement la loi du plus grand nombre : la souveraineté populaire. Car c’est par le biais des représentants du pouvoir législatif que la volonté populaire se manifeste et que sa normativité est nécessairement souveraine. Par conséquent, la volonté du Roi, ou du Président de la République ne peut pas être supérieure à la volonté de la majorité. C’est d’ailleurs à cause de ce principe de souveraineté que l’exécutif est nécessairement responsable devant le législatif. Cela dit, il est important de comprendre aussi qu’avec l’État de droit le pouvoir cesse d’être « le gouvernement domestique d’une cité ou d’une nation ». (La Politique II, 14). De sorte que la chose publique cesse d’être le domaine du despote, plus ou moins éclairé, pour devenir la propriété commune, la propriété de tous. C’est dès lors, à partir de ce changement que l’appropriation de la chose publique se manifeste comme une des causes principales du mal social. Substantiellement parlant l’État de droit est l’ordre qui donne naissance au processus politique. Donc à ces mécanismes de régulation et d’accomplissement de l’ordre social. Car ils tendent à la création d’une communauté d’égaux se réalisant selon le principe de l’égalité de chance. Car ce qui se réalise dans ce processus c’est l’universalité contenue dans chaque singularité. Pour cette raison la substance éthique de cet ordre individualiste ne peut se manifester que selon l’impératif kantien : Dans ton rapport à l’autre agi de sorte à le considérer comme un être digne de respect et non comme un animal ou une chose. Par conséquent la coexistence dans ce monde passe non pas par l’amour ou par la compassion, mais par le respect de l’autre.

Il est ainsi important de comprendre que le politique apparaît concrètement avec l’État de droit et que cet ordonnancement juridique est le point de départ du processus politique qui s’accomplit dans la communauté de citoyens. C’est ainsi que l’État de droit se manifeste soit comme oligarchie, soit comme démocratie. Il s’agit, par conséquent, de deux ordres où le principe de la souveraineté populaire et de la loi du plus grand nombre se manifestent nécessairement. Mais dans ces ordres le suffrage n’est pas forcément universel et l’État de droit ne donne pas forcément la démocratie, car le peuple souverain peut ne pas être constitué que de citoyens, des sujets du pouvoir. Il peut être aussi composé de sujets dont le rôle est celui de légitimer ceux qui accèdent au pouvoir. En effet l’oligarchie et la démocratie sont des manifestations de l’État de droit. Ce qui veut dire concrètement que dans l’oligarchie le processus d’égalité juridique, propre au mouvement d’accomplissement politique, ne s’est pas encore réalisé. Car « quand ce sont les mêmes qui sont toujours au pouvoir, il en résulte forcément que le reste de la population est frappé d’indignité » (La Politique III, 10). Par conséquent l’accès à la plénitude de la dignité pour tous, ne peut se produire que dans un ordre où existe l’égalité devant le pouvoir et donc le principe de l’alternance pure. Ce système n’est autre que celui de la démocratie, c’est à dire celui où « il y a participation de tous à toutes les fonctions ». (Ibid. VII, 9). Phénomène qui ne se produit pas dans les oligarchies, car dans cet ordre nous avons affaire à une alternance au sein de l’élite du pouvoir. Avec l'oligarchie, il y a patrimoinisation du domaine politique. Et donc seule la démocratie permet de dépasser cette nomenklatura du pouvoir oligarchique. Pour cette raison on peut dire que l’État de droit s’accomplit dans la démocratie ; mais la démocratie ne veut pas dire État de Justice. L’État de Justice est plutôt le devoir-être de l’État démocratique. C’est plus « concrètement » le règne de la dikecratie, c’est-à-dire : dike, justice et kratos, pouvoir. Car la finalité du processus politique est, comme le souligne Aristote, « la création d’une communauté d’égaux en vue de mener une vie la meilleure possible » (Ibid. VII, 8). Car « un gouvernement est établi soit dans l’intérêt de celui qui gouverne, soit dans l’intérêt des gouvernés : dans le premier cas c’est ce que nous appelons le pouvoir du maître sur ses esclaves, et dans le second c’est le gouvernement sur les hommes libres » (Ibid. VII, 14). C’est par le biais de la justice contributive et de la justice distributive que l’État démocratique réalise sa propre finalité. En effet, selon cette logique du processus politique, il s’agit de sauvegarder les principes de la justice. Car la justice veut que l’égal soit traité en égal et l’inégal en inégal, comme le souligne Aristote. De sorte que la justice relative aux contrats est la justice corrective. Et dans ce domaine l’injuste est ce qui est inégal, tandis que le juste est ce qui s’accorde avec l’égalité.

Les principes qui conditionnent la pratique de la raison sont, en eux-mêmes, les cadres référentiels de l’action. Ces principes ne sont pas d’ordre métaphysique comme le croient certains théoriciens comme John Rawls, par exemple. De sorte que selon ces théoriciens, toute réflexion de cet ordre ne peut se situer que dans la « caverne » et est dès lors fondamentalement prémoderne. Or, il convient de comprendre que la métaphysique est une instance qui n’a rien à voir avec l’éthique, mais est en relation plutôt, par définition, au monde physique.

Par contre pour la justice qui se rapporte à la constitution et à la distribution de la chose publique, l’injuste est ce qui est égal, tandis que la justice est ce qui s’accorde avec l’inégalité. Pour ces différentes raisons, le concept de la justice distributive a été exprimé, depuis l’époque classique grecque par le principe : de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins ! Ce qui veut dire concrètement, comme nous venons de le souligner, que le critère de la capacité de chacun de contribuer au bien être général est celui qui doit conditionner l’attribution des fonctions. Lesquelles fonctions, comme le montre la logique démocratique ne peuvent pas être données à vie. C’est précisément cette dimension qui est exprimée par l’article 30 de la deuxième « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » : « les fonctions publiques sont essentiellement temporaires ; elles ne peuvent être considérées, comme des distinctions ni comme des récompenses, mais comme des devoirs ». De sorte que l’État éthique doit non seulement promouvoir le principe de l’alternance pure - tout en tenant compte de la finalité du bien-être général - mais aussi aider ceux qui sont dans le besoin, en vue d’assurer le nivellement social et l’égalité des chances. Ce qui correspond aux deux budgets que nous connaissons actuellement : le budget de l’État et le budget de la sécurité sociale. En tout cas, comme le souligne Aristote, les lois et les institutions doivent être ordonnées de telle façon que les fonctions publiques ne puissent jamais être source de profit car en politique le bien n’est autre que le juste, autrement dit l’intérêt général. Cela dit le but éthique de l’État n’est pas simplement de réaliser la justice au niveau de sa propre communauté, mais aussi de lutter pour la justice au niveau international. Car les États (quelles que soient leurs dimensions) sont, par définition, des parties de la communauté internationale et « le soin de chaque partie est naturellement orienté vers le soin du tout ».(Idem.VIII, 1). C’est donc en tant que communauté de citoyens que les communautés juridiques particulières participent à la lutte pour la justice au niveau international. Ceci en vue de créer une communauté universelle génératrice de justice et de paix.

Cela dit, et pour conclure, comme on peut le comprendre facilement, les sujets de cette lutte ne sont pas uniquement les États. Les citoyens en tant qu’êtres cosmopolites sont aussi des sujets de cette finalité qu’implique nécessairement l’affirmation de l’universalité de l’humain, de la dimension générique contenu dans sa substance. Car le but éthique de l’humain est celui de la création d’une communauté des nations capable de se reproduire dans l’universalité des rapports. Mais l’humanité ne pourra atteindre ce but si elle n’arrive pas à dépasser et à bannir les idéologies de la domination, comme celle de peuple élu de la Bienveillance divine, ou celle encore de la destinée manifeste (à la domination universelle). Car ces mouvements impliquent non seulement la négation de la différence, mais aussi celle des valeurs d’ordre universel qui sont le contenu même de la substance éthique de l’humain.

Notes :
[1] Tiré de www.normanpalma.net/textes/revo_angl


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Jeudi 2 août 2007 4 02 /08 /2007 18:20

1. Introduction


On ne peut comprendre les raisons de la révolution américaine si on ne tient pas en compte la guerre de 7 ans qui dura de 1756 à 1763.

Les causes de cette guerre coloniale sont les suivantes :
  • L’Angleterre veut prendre les colonnies d’Inde et d’Amerique du Nord
  • L’Autriche veut récuperer la Silesie aux Prussiens
  • La Russie veut affaiblir la Prusse
Dès lors des alliances sont conclues entre les puissances : Autriche, France, Saxe, Lorraine et Russie contre Prusse et Angleterre

Les conséquences à court terme sont les suivantes :
  • 10/02/1763 : Traité de Paris où la France perd l'Inde, le Canada, l'Ohio Rive gauche du Mississipi, le Senegal et quelques iles des Antilles au profit des Anglais
  • La Prusse garde la Silesie
On pourait donc croire que le grand vainqueur de cette guerre est l'Angleterre. Il n'en est rien. En effet, depuis la révolution anglaise de 1689 qui mit Guillaume d'Orange sur le trône, les institutions anglaises ont été transformées : d'une monarchie absolue l'Angleterre est passée à une monarchie parlementaire à savoir que le roi a moins de pouvoir et ce, au profit du parlement. Mais surtout, les grands vainqueurs de cette révolution sont les banquiers (les goldsmiths) : la banque centrale d'Angleterre est créée en 1694 or cette dernière ne dépend plus directement de la couronne, donc du peuple (puisque le roi est le représentant de la nation). Il faut savoir que le peuple possède des droits et devoirs fondamentaux; ce sont les droits régaliens :
  • devoir d'assurer la protection du peuple à l'intérieur du pays (police) aussi bien que contre une invasion étrangère (tenir une armée)
  • rendre justice
  • assurer la diplomatie avec les pays voisins
  • au niveau fiscal lever l'impôt (selon l'accord du peuple en théorie)
  • battre monnaie
Or ce dernier point fondamental a été accaparé une petite faction de banquiers. Donc l'argent n'appartient plus au peuple anglais mais à une minorité de banquiers! Les conséquences sont faciles à deviner. L'Angleterre s'est endettée de manière énorme pour gagner une guerre qui finalement lui coûtera bien plus cher que la victoire militaire. Pour remplir ses caisses vides et rembourser sa banque centrale (privée!), le gouvernement est obligé de lever des taxes. Sur qui et sur quoi vont elles être prélevées? Sur les colonies et sur les produits que ces derniers sont obligés d'importer de la métropole. En effet, si les 13 colonies anglaises d'Amérique disposaient déjà d'une large autonomie avec chacune leurs assemblées représentatives, à ces colonies manquaient les libertés du commerce et de l'industrie. C'est pourquoi le gouvernement anglais va sur-taxer les produits des colonies qui sur ces sujets n'ont rien à dire. Les colons n'ont même pas de représentants au Parlement de la métropole. Ce statut de colon commence à peser sur les colonies américaines qui ne sont que des citoyens de seconde zone. Bien entendu ce statut arrange les américains lorsqu'il s'agit de faire de la contrebande et de contourner les lois sur la navigation (ce qui déplait aux anglais) mais les dérange lorsque des taxes extraordinnaires leurs sont imposées. Tout commence donc avec d'une part ces taxes (stamp act) en association avec les idées des lumières qui ne l'oublions pas jouent un rôle fondamental sur les mentalités des gens du 18e siècle.

2. Le Stampact


Grace à la guerre de Sept Ans, les autorités britanniques comprennent que les colons d'Amérique ne respectent ni les Navigation Acts (lois sur la navigation) ni l'autorité impériale. Pendant le conflit, les marchands coloniaux continuent à commercer avec l'ennemi : la France. Ils passent des marchandises en contrebande alors que les assemblées coloniales refusent constamment de procurer aux responsables militaires des hommes et du ravitaillement. Après la guerre, le Royaume-Uni se trouve donc fortement endetté et doit faire face à de nouveaux engagements financiers pour administrer les tout nouveaux territoires d'Amérique du Nord. Exigeant que les lois sur la navigation soient scrupuleusement respectées et que les colons paient une partie des coûts de défense de l'empire, le Parlement de Londres adopte en mars 1765 le Stamp Act pour augmenter ses revenus. Mais, aux yeux des colons, cette loi sur le timbre viole le droit des sujets britanniques de ne pas être taxés sans consentement de leurs représentants ; elle diminue l'indépendance de leurs assemblées coloniales et semble être la première étape d'un complot qui vise à les priver de leur liberté. Cette loi impose qu’un timbre fiscal figure sur une multitude de documents comme les licences, les contrats et les journaux.
Associé à cette cause économico-financière, les idées nouvelles véhiculées par la Maçonnerie vont entrainer des émeutes organisées par une société secrète d'origine maçonnique, du nom de " Fils de la Liberté éclatent dans les cités portuaires des colonies. Le boycott colonial décidé par les assemblées coloniales, parallèlement aux marchands, est si efficace que le commerce entre le Royaume-Uni et l'Amérique est paralysé. En octobre 1765, des délégués venus de neuf colonies se rencontrent à New York lors du Congrès contre le Stamp Act et adressent des motions au Parlement et au Roi expliquant les plaintes coloniales. Ce que veulent les colons américains c'est, entre autre, "pas de taxes sans représentation" (au parlement de Londres). Le Parlement Britannique abroge finalement la loi sur le timbre en mars 1766, cédant non pas aux objections des colons à l'égard des taxations mais à la demande des marchands britanniques, touchés par la crise économique. Cet épisode contribue grandement à la montée du sentiment nationaliste américain. [1]Tiré de : http://www.glnf.asso.fr/public_new/provinces/bret/independance.htm.

3. Les lois Townshend


L'abrogation du Stamp Act ne résout pas les problèmes financiers. Le Parlement n'a pas abandonné le droit de taxer les colonies et, en 1767, il adopte les lois Townshend, du nom du ministre des Finances Charles Townshend. Ces lois imposent des taxes sur le plomb, le verre, le thé, la peinture et le papier que les Américains importent d'Angleterre.
Mais ce n'est pas tout, le Parlement, toujours à la demande de Townshend, crée aussi l'American Board of Customs Commissioners (le bureau américain des commissaires aux douanes), dont les membres sont chargés d'appliquer les lois sur la navigation. Les revenus tirés des nouveaux tarifs douaniers permettent aux officiers royaux de ne plus dépendre financièrement des assemblées coloniales, ce qui empiète encore sur l'autonomie de celles-ci.
Une nouvelle fois, les colons protestent violemment. Les "Fils de la Liberté" organisent des protestations contre les officiers des douanes et prônent la non-consommation des produits taxés par les lois Townshend, les marchands signent des accords de non-importation des produits britanniques. La législature du Massachusetts fait parvenir aux autres colonies une circulaire condamnant les lois Townshend et appelant à une résistance unie des Américains. Les officiers britanniques ordonnent alors la dissolution du tribunal général du Massachusetts s'il ne retire pas cette circulaire. Le tribunal refuse et est dissous. Les autres assemblées coloniales,qui ont tout d'abord hésité à s'opposer aux lois, signent la circulaire en geste de défi. Bref, les actions britanniques ne font que renforcer la contestation américaine. La situation explose le 21 juin 1768 lorsque les officiers des douanes saisissent le bateau Liberty de John Hancock, marchand de Boston. Des milliers de Bostoniens se rebellent.
Quand la nouvelle est connue à Londres, environ 4000 soldats de l'armée britannique sont envoyés à Boston pour protéger les commissaires aux douanes, menacés par les Bostoniens. Le mépris dont ont fait preuve les troupes britanniques à l'égard des colons mena inévitablement à la violence. Le 5 mars 1770, un drame éclate entre les troupes britanniques et les citoyens de Boston qui huent et conspuent les soldats. L'armée tire tuant cinq personnes. " Le massacre de Boston " fait naître une grande rancœur dans la colonie. La guerre est en marche et est désormais inévitable.

4. Déclaration d'indépendance et guerre


La Déclaration des droits


Le premier acte de la guerre est le fameux boston tea Party du 16 décembre 1773 quand 17 matelots déguisés en Indiens sortent de la Loge de Saint-André, commandés par le Paul Revere, le fils d'un huguenot exilé, pour envahir 3 bateaux ancrés à Boston, et y jeter le thé à la mer.
Après cela les anglais durcissent le ton et des morts ont lieu à la suite d'émeutes de plus en plus nombreuses. Dès que les Assemblées Coloniales Américaines des 13 colonies ont connaissance des événements, elles décident d'envoyer leurs représentants – 51 au total – à un premier congrès continental, qui s'ouvre à Philadelphie, le 5 septembre 1774. Dans la fièvre et le tumulte, et sous la pression des éléments radicaux décidés à prendre des mesures extrêmes, les membres du congrès rédigent une Déclaration des droits dirigée beaucoup plus contre le Parlement britannique, dont les congressistes ne reconnaissent pas la compétence – puisqu'ils n'y sont pas représentés – que contre le roi, à l'égard duquel subsiste un certain loyalisme. Cette Déclaration affirme, avec force, le droit des colonies de légiférer en toute matière les concernant.br /> L'intransigeance, à laquelle répond l'entêtement anglais, va donc conduire rapidement à la guerre, qui débute pratiquement le 19 avril 1775, lorsque les miliciens du Massachusetts – les minutemen – attaquent, à Lexington, une colonne britannique à la recherche de dépôts d'armes.
 

La Déclaration d'indépendance


Les combats s'étendent bientôt à la région de Boston, que les patriotes – ou Insurgents – parviennent à bloquer et que les Britanniques doivent évacuer, le 17 mars 1776, sous la pression de la milice commune aux treize colonies. Formée un an plus tôt, par décision d'un deuxième congrès continental réuni à Philadelphie, cette milice avait été placée sous le commandement de George Washington. Tout espoir de conciliation avec la Grande-Bretagne semble s'éloigner un peu plus chaque jour et, malgré l'existence d'une minorité loyaliste à l'égard de la métropole et de George III, l'idée d'indépendance fait son chemin. Le pas décisif est franchi le 4 juillet 1776, lorsque le congrès, au cours de sa troisième session à Philadelphie, adopte la célèbre Déclaration d'indépendance, qui peut être considérée comme l'acte constitutif des États-Unis. Texte de circonstance à bien des égards – mais promis à un succès durable par l'affirmation d'un certain nombre d'idées neuves – ce document consacre la rupture définitive avec la Grande-Bretagne.

La guerre


La guerre de l'Indépendance américaine n'a jamais mis en jeu d'importants effectifs. En raison de l'éloignement du théâtre des opérations, la Grande-Bretagne s'est trouvée dans l'impossibilité d'aligner plus de 40 000 hommes en même temps, parmi lesquels un fort contingent de mercenaires originaires de Hesse[1], expérimentés certes, mais brutaux, ce qui ne manque pas de provoquer l'exaspération des Insurgents, qui trouvent là un motif supplémentaire de résister. Quant à ces derniers, la crise de leurs effectifs tient à d'autres raisons: partagés entre leur devoir militaire et leurs occupations quotidiennes, peu enclins à se laisser embrigader, hostiles enfin à l'idée même d'une armée permanente, les soldats de Washington n'ont jamais été plus de 20 000 et leur nombre s'est même parfois réduit jusqu'à 3 000 hommes en état de combattre.
C'est leur enthousiasme patriotique et leur meilleure connaissance du pays qui leur permit de pratiquer de véritables actions de guérilla contre les troupes britanniques, surtout rompues à la tactique et à la stratégie des conflits européens et commandées par des officiers médiocres, incapables de s'adapter à ces nouvelles méthodes de combat. Non que le commandement américain fût réellement supérieur – aucun chef d'envergure, à l'exception de Washington, n'est sorti des rangs des Insurgents – mais la cause de l'indépendance suscite un tel engouement que de nombreux volontaires accourent de l'étranger et se mettent au service des colons révoltés: La Fayette, Pulaski, Kociuszko, Miranda et von Steuben comptent parmi les plus célèbres.
Les années 1776 et 1777 sont difficiles pour les Américains, commandés par George Washington: incapables d'empêcher Howe de s'emparer de New York, ils prennent leur revanche à Trenton, le 25 décembre 1776, et à Princeton, quelques jours plus tard; mais les Britanniques reprennent bientôt l'avantage et s'emparent de Philadelphie le 26 septembre 1777. En fait, en faisant porter son effort sur la capitale du congrès, Howe laisse son collègue Burgoyne, qui vient du Canada à la tête d'une colonne de 8 000 hommes, dangereusement isolé dans la région de l'Hudson. Saisissant l'occasion, les Insurgents l'encerclent et l'obligent à capituler à Saratoga, le 17 octobre 1777. Succès décisif qui, en décourageant les derniers loyalistes, fait basculer la quasi-totalité des Américains dans la révolte, d'une part, et qui leur vaut l'alliance de la France, d'autre part.

L'aide française


En effet, le gouvernement français suit avec intérêt et sympathie les efforts des Insurgents et il voit bientôt dans le conflit l'occasion de prendre sur la Grande-Bretagne la revanche du désastre qu'elle lui avait infligé en 1763. Commencée par des livraisons d'armes, l'intervention française prend une forme directe après la signature du traité de Paris, le 6 février 1778; résultat des efforts conjugués de Vergennes et de Franklin, l'accord conclu entre la France et les États-Unis consistait en un traité de commerce et d'amitié, rendu public, et en un traité d'alliance militaire, qui devait rester secret jusqu'à la rupture entre la France et la Grande-Bretagne. Outre l'aide navale et militaire, les Insurgents sont assurés de recevoir les fonds nécessaires à leur effort de guerre. Quelques mois plus tard, en juin 1778, les Britanniques sont contraints d'évacuer Philadelphie et, convaincus qu'ils ne parviendront pas à tenir le nord et le centre des États-Unis, décident de porter la guerre dans les États du Sud et y remportent d'indiscutables succès. Le cours des événements s'infléchit lorsque 5 500 Français, commandés par Rochambeau, eurent débarqué à Rhode Island en juillet 1780. Intervenant à leur tour dans le Sud, les armées de Washington et de Rochambeau, appuyées par l'escadre de l'amiral de Grasse, bloquent dans le port de Yorktown, en Virginie, le général britannique Cornwallis et 7 000 hommes, et les contraignent à la capitulation, le 19 octobre 1781.
C'est pratiquement la fin des hostilités sur le continent américain: lassée de cette interminable guerre – car on est bien loin des opérations de police des débuts – l'opinion anglaise souhaite en finir et retrouver des conditions plus favorables aux affaires; Londres accepte de négocier.
Après de laborieuses discussions, la paix est signée à Versailles le 3 septembre 1783: la Grande-Bretagne reconnaît l'indépendance des États-Unis et leur cède les territoires qu'elle possède à l'est du Mississippi, mais elle conserve l'ancienne colonie française du Canada et rétrocède la Floride à l'Espagne. Un nouvel État est né: il se donne une Constitution en 1787 et celle-ci entre en vigueur en 1789 par l'élection de George Washington à la présidence.

NOTES :

[1] Les mercenaires du duc de Hesse étaient réputés comme d'excellents soldats et ils constituaient la principale source de revenu du du de Hesse-Nassau. A noter que la fortune de la famille Rothschild a à ses débuts beaucoup à voir avec le duc. Les Rothschild réussirent, en effet, à devenir les banquiers du Duc. Une légende court d'ailleurs à propos d'une soi-disant accaparation lors des guerres napoléoniennes, d'une somme placée en dépôt par le duc à un des frères Rothschild et que ce dernier , au vu des évènements, n'aurait jamais été remboursée!

5. Révolution Américaine et Franc-Maçonnerie


La Maçonnerie américaine est un peu différente de la Maçonnerie européenne. Elle est bien entendu originaire d'Angleterre et de France. Elle est avant tout Anglaise avant l'indépendance car elle se base sur les Constitutions d'Anderson. Il ne faudrait pas croire que les F-M sont tous du côté des insurgés (les fils de la liberté) bien que de nombreux pères fondateurs des futurs Etats-Unis d'Amérique aient été F-M. Les Maçons y sont présents des deux côtés, du côté des Insurgés mais également du côté des troupes anglaises et des loyaliste américains. Ils sont même présents du côté des traîtres. Au départ, les Insurgés ne représentent qu'environ 1/3 de la population et seules 7 colonies sont en insurrection. Les 13 Colonies comportaient 7 Grandes Loges et quatre de leurs Grands Maîtres étaient des adversaires de l'Indépendance. Donc on le voit les Maçons respectent le devoir de loyauté envers le pouvoir en place (voir l'article sur la F-M).
Les pères de l'indépendance américaine francs-maçons : L'un des 1er maçon américain, initié en 1731, le savant Benjamin Franklin, devient très vite Grand Maître Provincial de Pennsylvanie et exprime dès 1734 le souhait des F.M. de Pennsylvanie de se voir accorder une réelle autonomie. Il présentera en 1754 le 1er projet de Confédération superbement ignoré par Londres. Il sera plus tard l'envoyé des colons pour négocier, sans succès, un compromis avec Georges III.
Thomas Jefferson était issu d'une famille de propriétaire d'esclaves et il en possédait lui-même. Cependant, dans son projet de Déclaration d'Indépendance, un paragraphe condamnait George III qui avait propagé l'esclavage dans les colonies. " violant les droits les plus sacrés de la vie et de la liberté en la personne d'un peuple lointain (…), le capturant pour le jeter en esclavage dans un autre hémisphère (…).
Ce paragraphe ne figurera pas dans la version finale " par égard pour la Caroline du Sud et la Géorgie ", dira Jefferson et parce que " nos frères du Nord, eux aussi, je crois, se sentirent quelque peu touchés par cette réprobation ; car, bien que leurs populations possédassent elles-mêmes bien peu d'esclaves, elles en comptaient d'importants transporteurs ". Jefferson savait bien que les colons voulaient se rendre indépendants de l'Angleterre, tout en conservant l'économie liée à l'esclavage !
Pourtant cette Déclaration d'Indépendance affirmera en 1776 " que tous les hommes naissent égaux, que leur Créateur les a dotés de certains Droits inaliénables, parmi lesquels la Vie, la Liberté et la Recherche du Bonheur ". On parle d'abord de 50 sur 56 signataires de la déclaration d'indépendance qui auraient été F.M. (d'après l'historien Jacques de Launay), mais en 2001, le Frère Jean-Marc Van Hill ne donne que 11 signataires, ce qui semble plus vraisemblable.
Des loges noires se créent également. Prince Hall, un descendant d'affranchi, initié en même temps que 14 autres Noirs par une Loge militaire britannique, de constitution irlandaise fonde la première Loge noire. Il convaincra le Frère Georges Washington (que les délégués des 13 colonies s'étaient donné comme chef) de recruter des noirs et s'engagera lui-même. Mais il faudra attendre Lincoln pour que le Ier major noir (qui était maçon) soit nommé, car jusqu'en 1863 les Noirs se verront refuser le droit de s'enrôler dans l'armée américaine.
Mais revenons à la Guerre d'Indépendance. Le Frère Lafayette, initié à Paris à l'âge de 18 ans, entra dans une Loge militaire présidée par Washington. En effet, le général favorise la création de Loges militaires car les insurgés manquent de discipline et la maçonnerie semble un bon moyen à Washington pour la leur inculquer. Revenu aux Etats-Unis en 1825, Lafayette dira en Loge, devant ses Frères américains : " Après que je fus entré dans la maçonnerie américaine, le Général Washington sembla avoir reçu une illumination. Depuis ce moment, je n'eus plus jamais l'occasion de douter de son entière confiance. Et peu après je reçus un commandement en chef fort important " ; En effet, ce commandement lui fit prendre une part active à la victoire de Yorktown en octobre 1781 qui fut fêtée en France, entre autres, par l'illumination de Paris et suivie un an après, de la signature, toujours à Paris, des préliminaires de paix entre Américains et Anglais. Il est à noter que sous Napoléon qui était F-M ainsi que son frère Joseph, beaucoup de sldats de l'Empereur étaient maçons. Cela s'expliquait par la capaité sur un champ de bataille à s'entr'aider entre maçons car souvent les combats se terminaient au corps à corps.
Profitons en pour rappeler que des troupes alliées, essentiellement françaises, fortes de 10 000 hommes environ, 2112 français sont morts pour l'Indépendance des E.U. Parmi eux, des Maçons français car pendant ces 8 années de guerre des F.M. de toutes nationalités, européenne et américaine, se sont battus.
Histoire de la F.M. et histoire de l'indépendance américaine sont donc intimement liées. Rien d'étonnant à ce que cette maçonnerie soit patriote, avec le culte du drapeau (drapeau, entre parenthèses, choisi par une commission de membres dont le Frère Franklin) et avec un serment d'allégeance à la Nation. Et George Bush Jr, comme tous les présidents américains, a prêté serment sur la " Bible maçonnique " sur laquelle George Washington avait prêté serment à New York comme Ier Président des E.U. en 1789.
C'est encore George Washington qui, seul cas dans l'histoire, à la fois Président de sa Loge et Président des E.U., a posé la 1ère pierre du Capitole revêtu du tablier maçonnique brodé par Mme Lafayette à son intention… C'était en 1793, époque à laquelle les F.M. français étaient en sommeil ou exilés, quand ils n'étaient pas guillotinés comme l'amiral d'Estaing qui commandait la flotte française durant la guerre d'indépendance. Des reliques maçonniques de Washington et de Lafayette sont visibles au " George Washington National Masonic Memorial ", l'un des plus grands bâtiments maçonniques au monde. Lafayette qui est honoré au même titre que les autres " pères fondateurs " de la République des E.U., non seulement par les maçons américains mais par tous les américains.
Pour la petite histoire, on est étonné d'apprendre que 44 villes portent aujourd'hui son nom ainsi que 37 comtés et pas mal de montagnes, ce qui doit tout de même être une belle source d'erreurs ! Depuis 1834, année de la mort de Lafayette chaque 4 juillet, jour de la Fête Nationale qui rappelle la Déclaration d'Indépendance, le représentant du président des E.U. vient procéder à la relève du drapeau américain flottant sur la tombe parisienne de Lafayette qui repose auprès de son épouse.
La F.M., y compris la F.M. du Grand Orient de France, a donc accompagné la naissance des E.U. Et à Philadelphie se trouve le monument qui rend hommage aux signataires de la Constitution américaine : leurs noms et leurs portraits sont présentés au public avec leur appartenance maçonnique, ce qui représente 13 des 39 signataires de la Constitution des nouveaux Etats-Unis d'Amérique, promulguée en 1787.
A noter également le nombre invraisemblable de signes maçonniques que l'on retrouve : sur les monuments des villes de Washington dont le plan même est construit suivant des thèmes maçonniques. Le billet de one dollar US est à lui tout seul une encyclopédie maçonnique. 1/3 des présidents américains furent francs-maçons!

NOTES :

[1]Tiré de : www.glnf.asso.fr/public_new/provinces/bret/independance.htm

6. Les USA sont-ils vraiment une démocratie?


Depuis le milieu des années 1850, l'histoire politique américaine est dominée par deux grands partis : les démorates et les républicains. Il existe cependant d'autres formations politiques.
Néanmoins, d'une part les deux partis principaux ne se sont pas faits en un jour et de temps en temps d'autres partis voient le jour.
La notion de parti indépendant est apparue dès le dix-neuvième siècle aux Etats-Unis.
Les Etats-Unis ont connu pendant longtemps le bipartisme mais on distingue néanmoins deux périodes pendant lesquelles l'émergence de partis indépendants s'est manifestée au dix-neuvième siècle.
De 1840 à 1860, les partis indépendants se multiplient en réponse au problème de l'esclavage avec notamment en 1840 le Abolitionist Third Party et en 1848 le Free Soil Party. De 1876 à 1896, les nouveaux partis se développent dans la mouvance sociale de la fin du siècle et réclament un Etat plus conscient des difficultés des nouvelles classes sociales créées par l'industrialisation, mais aussi des problèmes économiques des travailleurs agricoles. On citera le Greenback Party en 1874, le United Labor Party et le Socialiste Labor Party en 1877, ainsi que le Populist Party en 1891.
Au vingtième siècle, on assiste à une nouvelle forme de parti indépendant. La société a changé. Les citoyens américains se montrent plus soucieux d'un gouvernement divisé entre les deux mouvances républicaines et démocrates. Les candidats sont mieux informés, grâce aux nouvelles méthodes de sondages. Ils bénéficient aussi de l'aide des médias de plus en plus performants. Il s'agit donc de plus en plus d'une question de charisme personnel que de nouveau parti.
Les deux exemples les plus récents sont ceux de Ross Perot et de Colin Powell. Avec plus de 19 millions de voix en 1992, Ross Perot, industriel texan, a fondé son parti en 1993. Il a participé aux dernières élections présidentielles sous cette étiquette.
On se souvient aussi de la ferveur qui a agité l'opinion publique lors de l'annonce de la probable participation de Colin Powell, héros de la Guerre du Golfe, en 1996. Il s'est finalement rangé au côté des Républicains.

Liste des différents partis américains :

  • Democratic Party
  • Republican Party
  • American Reform Party
  • Constitution Party
  • Constitutionalist Party
  • Freedom Socialist Party - Radical Women
  • Green Party
  • Labor Party
  • Libertarian Party
  • Natural Law Party of the United States of America
  • New Party
  • Reform Party of the USA
  • US Independent American Party

Les principaux candidats indépendants aux élections présidentielles depuis 1840:

  • Martin Van Buren(Free Soil Party, 1848);10.1%/0 e.v; Ralliement au Parti Républicain
  • James B.Weaver(Populist Party, 1892); 8.5%/22 e.v; Soutien au candidat démocrate en 1896
  • Theodore Roosevel(Progressive Party, 1912); 27.4/88 e.v; Soutien au Parti Républicain en 1916
  • Robert M.La Follette(Progressive Party, 1924); 16.6%/13 e.v.; Mort de La Follette en juin 1925
  • Strom Thurmond (States'Rights Democratic Party,1948); 2.4%/38 e.v.; Rupture en 1964 ; Se rapproche des Républicains
  • Henry A.Wallace (Progressive Party, 1948); 2.4%/0 e.v.; Le Parti disparaît
  • George C.Wallace (American Independent Party, 1968); 13.5%/46 e.v.; Participe aux primaires démocrates
  • John B. Anderson (National Unity Campaign, 1980); 6.6%/0 e.v.; Se retire du circuit politique
  • H.Ross Perot (Independent, 1992); 18.7%/0 e.v.; Formation du United We Stand pour les élections 1996

On pourait donc résumer la politique américaine comme suit : hors le parti démocrate ou républicain point de salut!


Curieux phénomène pour nos pays européens habitués à plus de formations. Essayons néamoins d'en comprendre le pourquoi. Lorsque les fondateurs de la république des États-Unis rédigèrent [1] la Constitution, en 1787, ils n'assignèrent aucun rôle précis aux partis politiques dans la structure de l'État. Ils cherchèrent plutôt à isoler la nouvelle république des partis et factions politiques (comme par le système des grnds électeurs par exemple. Personnelement, je trouve qu'à l'heure actuelle ce système est plutôt anti-démocratique. Il a en effet permis, outre la fraude, permis à G W Bush d'être élu alors qu'il avait gagné moins de voix que son rival Al Gore. De ce fait il s'avère actuellment désuet et nocif).
Mais cela n'empêcha pas les États-Unis d'être le premier pays à créer des partis de dimension nationale et à transférer le pouvoir exécutif d'une formation politique à une autre par des élections, en 1800.
La création des partis politiques fut étroitement liée à l'extension du droit de vote, qui cessa d'être limité aux propriétaires terriens au début des années 1800. L'électorat s'étant considérablement développé, il fallut trouver un moyen de mobiliser les électeurs en masse. Les partis politiques s'organisèrent pour accomplir cette tâche essentielle. Ils sont donc nés dans le cadre de cette révolution démocratique et font partie, depuis les années 1830, du paysage politique américain. Aujourd'hui, les partis républicain et démocrate dominent la vie politique. Environ deux tiers des Américains se considèrent républicains ou démocrates et même ceux qui se disent indépendants ont généralement une couleur politique et font preuve d'un haut degré de fidélité envers l'un de ces partis.
Les deux grandes formations dominent toutes les institutions : la présidence, le Congrès, les postes de gouverneurs et les assemblées législatives des États. Tous les présidents qui se sont succédé depuis 1856 ont été soit républicains soit démocrates et, dans la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, la part du suffrage populaire obtenue par les deux partis a atteint en moyenne 95 %! Ainsi, au lendemain des élections de 1998, le Congrès ne comptait qu'un seul représentant élu sous l'étiquette d'indépendant.
Les américains s'identifient en général moins à une idéologie et à un programme, ils jouent cependant un rôle important dans l'élaboration de la politique nationale. Il est frappant par exemple de voir que le parti réputé le plus à droite (républicains) ait été au 19e siècle le parti abolisioniste et le plus ouvert socialement, tandis qu'au 20e siècle les démocrates sont considérés comme les plus à gauche, ouverts aux minorités, plus sociaux, etc. On constate également depuis les élections de 1994, que les parlementaires républicains et démocrates manifestent de profondes divergences politiques et l'on constate un degré inhabituel d'unité au sein de chacune des deux formations. Il en résulte une atmosphère survoltée d'affrontements partisans, notamment à la Chambre des représentants. Ainsi lors de l'affaire Lewinsky, Bill Clinton eut fort à faire avec le Congrès majoritairement républicain.
Donc depuis les années 1860, les républicains et les démocrates dominent la vie électorale. Ce record sans précédent du monopole constant des deux partis reflète autant les aspects structurels du régime politique que les particularités des partis américains. La règle habituelle pour l'élection des parlementaires, à l'échelon fédéral et au niveau des États, est celle du scrutin majoritaire à un tour. Contrairement au scrutin proportionnel, un seul parti peut gagner dans une circonscription donnée. Cela encourage la formation de deux partis ayant une vaste base capable de remporter la majorité relative, tout en condamnant les tiers partis à une défaite quasi perpétuelle, ce qui ne favorise pas leur longévité, sauf s'ils joignent leurs forces à celles d'un grand parti. C'est ce qui explique les nombreuses tendances que l'on retrouve au sein des deux partis principaux. L'exemple actuel est très frappant. Il s'agit de l'importance qu'on pris, alors qu'ils sont loin d'être majoritaire, les néo-conservateurs, au sein de l'administration Bush[2].
Un autre facteur qui renforce le bipartisme est la façon dont le collège électoral choisit le président. Pour accéder à la Maison-Blanche, un candidat doit en effet obtenir la majorité absolue des 538 voix des grands électeurs des cinquante États, ce qui fait qu'il est très difficile pour un tiers parti de remporter la présidence s'il ne s'allie pas à l'un des deux grands. En outre, la règle du « tout ou rien » s'applique également à l'élection des grands électeurs de chaque État. Il suffit à un candidat à la présidence, pour remporter les suffrages de la totalité des grands électeurs d'un État, d'obtenir la majorité relative des suffrages populaires dans cet État. Comme le scrutin uninominal, le collège électoral défavorise les tiers partis, qui ont peu de chances de remporter les suffrages du collège électoral d'un État et encore moins un nombre suffisant d'États pour élire un président.

Le bipartisme est-il réellemnt une démocratie?

Étant donné que républicains et démocrates dominent l'appareil gouvernemental, il n'est pas étonnant qu'ils aient institué d'autres règles électorales qui les favorisent. Le simple fait de faire figurer le nom d'un nouveau parti sur les bulletins de vote d'un État peut se révéler une entreprise difficile et coûteuse. Ainsi, en Pennsylvanie, la loi exige de tout nouveau parti qu'il obtienne la signature de 99 000 inscrits pour que le nom de ses candidats figure sur les bulletins de vote. En outre, la loi sur les Campagnes électorales fédérales (Federal Election Campaign Act) accorde des avantages spéciaux aux principaux partis, notamment le financement public des campagnes présidentielles (plus de 60 millions de dollars en l'an 2000) et des conventions nationales, ainsi que des subventions d'un montant égal à celui des fonds privés réunis par les candidats à l'investiture de leur parti. Comme on le voit seul un candidat indépendant riche peut se permettre de poser sa candidature au poste de président! Ce qui est contraire à la démocratie. Mais ce n'est qu'un premier point.
Le mode de nomination des candidats propre aux États-Unis constitue un obstacle structurel supplémentaire pour les tiers partis. La démocratie américaine est la seule au monde à recourir à des élections primaires pour désigner les candidats des partis aux fonctions électives dans les États et au Congrès, ainsi qu'à des primaires au niveau des États pour désigner les candidats à l'investiture de chaque parti en vue des élections à la présidence. Dans la plupart des pays, les candidats sont désignés par la direction des partis. Mais aux États-Unis, ce sont les électeurs qui décident. Enfin tout est relatif, bien sûr, les électeurs choisissent, au sein de leur parti , le candidat qui leur convient le mieux. Cette participation de l'électorat au processus de nomination contribue également à la domination des partis républicain et démocrate depuis cent quarante ans. En remportant l'investiture d'un parti lors d'élections primaires, des contestataires peuvent figurer sur les bulletins de vote à l'occasion de scrutins législatifs et augmenter ainsi leurs chances de victoire aux élections nationales sans former de tiers parti. La désignation des candidats par le truchement de primaires tend donc à canaliser la contestation vers les deux grands partis et dispense les opposants de se lancer dans la tâche ardue qui consiste à former un tiers parti. Comme on le voit, la démocratie est de moins en moins libre, tout étant fait pour canalyser le choix des électeurs vers une série de candidats qui ne peuvent l'être que si ils sont riches, et membres de l'establishment (ou tout au moins choisi par lui). Pour moi, il n'y a pas de doutes, le système démocratique américain n'est pas réellement ddémocratique. Je men expliquerai plus bas. Mais continuons.
Les partis américains jouissent d'une large base de soutien dans toutes les classes sociales. À l'exception des électeurs afro-américains, dont 90 % environ sont démocrates, les partis républicain et démocrate comptent un nombre important de partisans dans pratiquement tous les groupes socio-économiques du pays. Bien que les membres de syndicats soient généralement démocrates, les républicains peuvent compter recevoir au moins un tiers des voix de cet électorat et parfois jusqu'à 46 % comme en 1984. De même, alors que le soutien dont bénéficie le Parti démocrate diminue normalement en fonction inverse du revenu des électeurs, les candidats démocrates à la présidence peuvent généralement compter sur un important soutien dans les classes aisées. Ainsi, en 1996, Bill Clinton et son adversaire républicain, Bob Dole, se sont partagé à peu près également les voix des électeurs ayant un revenu annuel de 50 000 à 75 000 dollars. Les partis américains sont connus pour leur niveau relativement faible d'unité interne et pour l'absence d'une stricte adhésion à une idéologie ou à une série d'objectifs politiques. Ils ont toujours cherché avant tout à remporter les élections et à maîtriser l'appareil de l'État. Étant donné la diversité socio-économique de leur électorat et la nécessité d'opérer au sein d'une société fondamentalement centriste, les partis américains adoptent des positions essentiellement modérées. Ils font également preuve d'une grande souplesse en politique. Cette absence de dogmatisme permet aux républicains comme aux démocrates de tolérer une grande diversité dans leurs rangs ; cela les aide aussi, le cas échéant, à absorber les tiers partis ainsi que les mouvements de protestation. Décentralisation des partis Il est difficile d'exagérer le degré de décentralisation qui caractérise les structures des partis politiques aux États-Unis. Ainsi, le président ne peut partir du principe que les parlementaires du parti au pouvoir soutiendront fidèlement ses programmes ; de même, au Congrès, les chefs de file des deux partis ne peuvent attendre des membres de leur camp qu'ils votent toujours selon la ligne du parti. Au sein du parti même, les comités républicains et démocrates pour la réélection des représentants et sénateurs (composés de parlementaires en fonction) agissent indépendamment des comités nationaux qui se consacrent aux élections présidentielles. À l'exception d'une gamme étroite de pouvoirs sur les modalités de sélection des délégués à la convention nationale, les instances nationales des partis interviennent rarement dans les affaires de leurs sections locales. Ce degré de fragmentation est l'une des conséquences de la séparation des pouvoirs prévue par la Constitution, principe qui n'encourage guère l'unité entre les parlementaires et le chef de leur parti. Le fédéralisme accentue encore la décentralisation des partis en créant des milliers de circonscriptions différentes à l'échelon de la nation, des États et des instances locales chacune avec ses titulaires. Le recours aux élections primaires pour la désignation des candidats affaiblit aussi l'appareil du parti en lui retirant le contrôle du processus de sélection des candidats. Les candidats individuels sont encouragés à constituer leur propre comité de campagne et leur assise électorale afin de remporter les primaires puis les élections nationales. Même la collecte des fonds destinés à financer leur campagne incombe aux candidats eux-mêmes, le montant des contributions des partis étant souvent strictement limité par la loi, notamment dans le cas des campagnes électorales fédérales. Méfiance des Américains à l'égard des partis Malgré la quantité de preuves attestant de l'importance attribuée aux partis dans le système politique américain, la méfiance à l'égard des formations politiques est profondément ancrée dans l'esprit des citoyens. L'adoption, au début du XX e siècle, des primaires directes pour désigner les candidats lors d'élections fédérales ou locales, et la récente prolifération des primaires présidentielles, qui jouent à présent un rôle décisif dans la nomination des candidats à la présidence, témoignent du sentiment d'hostilité qui prévaut dans l'opinion publique envers les partis. Les Américains n'aiment pas voir les dirigeants des partis exercer une grande influence sur les rouages de l'État. Comme le révèlent les sondages, un grand nombre d'électeurs estiment que les partis contribuent plus à embrouiller qu'à éclairer le débat public et qu'il vaudrait mieux qu'aucune mention de parti ne figure sur les bulletins de vote. Non seulement les partis fonctionnent dans un climat généralement hostile, mais ils doivent faire face à un nombre croissant d'électeurs qui attachent une importance réduite à leur identification personnelle à une formation politique. Un indice du recul de l'esprit de parti est la forte incidence du panachage électoral (ticketsplitting), qui consiste à voter, dans la même élection, pour des candidats de partis différents. Ainsi, en 1996, 24 % des électeurs ont voté pour un président et des députés de partis différents. Avec l'affaiblissement de l'influence des partis sur les choix des électeurs et la tendance manifestée par beaucoup d'entre eux à préférer le panachage, la politique américaine se concentre sur le candidat et non sur le parti. Cela signifie que les partis se partagent désormais couramment les pouvoirs exécutif et législatif, tant dans les instances fédérales qu'à l'échelon des cinquante États. En fait, d'une manière générale et à l'exception de deux années depuis 1980, la présidence et au moins une chambre du Congrès ont été dominées par des partis différents, et cette situation s'étend à 24 États depuis les élections de 1998. Tiers partis et candidats indépendants Les tiers partis et les candidats indépendants font périodiquement leur apparition sur la scène politique américaine. Ils orientent le débat public souvent sur des problèmes de société que les grands partis n'ont pas su aborder. Mais la plupart d'entre eux ne vivent que le temps d'une élection, puis disparaissent ou sont absorbés par l'un des deux grands partis. Depuis les années 1850, une seule nouvelle formation, le Parti républicain, a acquis le statut de grand parti. Dans ce cas, la question inéluctable de l'esclavage divisait le pays et servit de base au recrutement des candidats et à la mobilisation des électeurs. Bien que le tableau n'atteste guère la viabilité à long terme des tiers partis, il est clair qu'ils sont capables d'exercer une influence notable sur l'issue des élections. Ainsi, en 1912, la candidature de Theodore Roosevelt en tant que candidat d'un tiers parti a divisé l'électorat républicain et permis au démocrate Woodrow Wilson d'être élu président sans avoir obtenu la majorité du vote populaire. En 1992, la candidature de Ross Perot a attiré des électeurs dont la plupart avaient voté républicain dans les années 1980, ce qui a contribué à la défaite du président républicain sortant, George Bush. Il n'est guère surprenant, par conséquent, que les dirigeants des deux partis s'inquiètent vivement de l'impact que pourraient avoir des candidats indépendants ou de tiers partis. Les sondages d'opinion réalisés en prévision des élections de 1996 ont constamment reflété un important mouvement en faveur d'un tiers parti. Selon un sondage Gallup réalisé en 1995, 62 % des personnes interrogées étaient favorables à la formation d'un tiers parti. Ce sont des sentiments de ce genre, ajoutés aux sommes considérables qu'il avait consacrées à sa campagne, qui ont permis au milliardaire texan Ross Perot d'obtenir 19 % du vote populaire lors de l'élection présidentielle de 1992, soit le pourcentage le plus élevé obtenu par un candidat n'appartenant pas à l'un des grands partis depuis le score de 27 % remporté en 1912 par le candidat du parti progressiste Theodore Roosevelt. Malgré les manifestations de soutien à un tiers parti, les énormes obstacles évoqués ci-dessus s'opposent à la victoire du candidat à la présidence ou même à l'élection d'un nombre important de sénateurs ou de représentants. L'un des facteurs qui jouent le plus chez les électeurs est la crainte de « gaspiller » leur suffrage en votant pour le candidat d'un tiers parti. On a vu des électeurs opter pour un « vote utile » en donnant leur voix à un autre quand ils sentaient que le candidat d'un tiers parti n'avait aucune chance de l'emporter. Ainsi, en 1980, le candidat centriste indépendant John Anderson ne recueillit que 57 % des voix de ses partisans et, en 1992, 79 % des électeurs favorables à Ross Perot votèrent pour lui tandis que 21 % se ravisèrent. Le vote pour des candidats de tiers partis relève aussi de ce qu'il est convenu d'appeler le « vote de protestation ». Des sondages Gallup ont révélé qu'en 1992, 5 % des personnes qui disaient avoir l'intention de voter pour Ross Perot précisaient qu'ils ne le feraient pas s'ils croyaient à ses chances de l'emporter. Dans l'hypothèse où il serait élu, le candidat indépendant ou d'un tiers parti, se heurterait d'ailleurs à un énorme problème au lendemain de son élection à savoir former un gouvernement, gouverner puis travailler avec un Congrès dominé par des républicains et des démocrates peu enclins à coopérer avec un président n'appartenant pas à l'un des deux principaux partis politiques. se passe alors, c'est la création , au sein de ces deux partis, de tendances qui prennent l'ascendant au gré des aléas des problèmes politiquous, économiques et sociaux rencontrés par le citoyen américain. A l'heure actuelle, ceux que l'ont appelle les néo-conservateurs sont ainsi au pouvoir au sein de la Maison-Blanche.

NOTES :

[1] Tiré d'un article de John Bibby, professeur de sciences politiques à l'université du Wisconsin à Milwaukee, il a présidé la subdivision des partis politiques à l'American Political Science Association. Il fait autorité en ce qui concerne la politique et le gouvernement des États-Unis et est l'auteur de Politics, Parties, and Elections in America.
[2] Issus d'une minorité au sein du parti républicain, les évènements du 11 septembre 2001 les a propulsés , eux et leurs idées, sur le devant de la scène politique mondiale. Ils ne sont pas là par hasard. Ils défendent un programme : le PNAC (Project for a New American Century). Sous la houlette de gens comme Bill Kristell, Samuel Huntington (Auteur du best-seller, The clash of civilization dont nous avons souvent parlé dans ce site) ou encore Francis Fukuyama ( auteur de the end of history. Il fait arti du même think tank que Huntington et Bill Kristell..intellectuels de haut vol. Leur base életoral est composée des chrétiens fanatiques qui croient que nous sommes à la veille de la fin du monde. On pourrait penser que ce sont des marginaux mais ils sont entre quinze et dix-huit millions et absolument opposés, à tout ce qui est libéralisation des mœurs… extrêmement inquiétants, absolument opposés, à tout ce qui est libéralisation des mœurs, ils sont contre l’aide aux pauvres, aux déshérités, aux faibles, car ils ont une haine farouche pour les faibles (voir par exemple le rite d'initiation du skull and bones où l'ont voit clairement exprimé cette haine du pauvre lors d'une invective lachée par G W Bush aux néophytes). Par exemple, au niveau des mœurs, ils ont lancé une véritable bataille contre les pauvres, une véritable bataille en faveur du racisme et de la re-ségrégation. Il y a, par exemple, un des penseurs américains, aujourd’hui les plus connus, qui explique qu’il faut abolir l’acte sur l’égalité raciale de 1964. Il le dit clairement. Et qu’on en a le droit, en effet, on devrait avoir le droit de discriminer aussi bien en matière d’emploi qu’en matière de logement. C’est une guerre qui a été lancée contre les faibles, contre les pauvres par tous ces gens, etc… Il y a un homme, et une organisation qui ont financé un livre qui s’appelle Losing ground, qui a été une bible pour tous les ultra-conservateurs, qui explique, par exemple, que la pauvreté n’est pas dû aux crises économiques. Et le type a récidivé après. Il a dit : «Voilà, on a voulu trop aider les pauvres…et en voulant trop aider les pauvres, on a fabriqué beaucoup encore, beaucoup trop de pauvres… Et il a récidivé après, avec un autre livre qui s’appelle The bell curve qui a été lancé par cette organisation ultra-conservatrices, qui a été un des livres de chevet aussi de George W. Bush, dans lequel il explique, là, cette fois-ci, qu'en fait, l’inégalité donc d’intelligence, enfin la différence de QI résulte des races. Des races, dit clairement. Avec des übermenschen et des surhommes, quoi ! C’est tout à fait étonnant. C’est une vision absolument totalitaire… http://paulmorin.free.fr/francais/francophile/onze_septembre/eric_laurent01.htm

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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /2007 18:39
Une réflexion d’ordre politico-économique est absolument indispensable si l’on veut comprendre l’histoire des USA et donc du monde au cours du 20e siècle. Depuis leur indépendance, les États-Unis ont envoyé des troupes à l’étranger ou ont attaque le territoire d’autres pays 216 fois. Depuis la Seconde Guerre Mondiale les États-Unis ont largué des bombes sur 24 pays. Les États-Unis ont aussi soutenu plus de 20 coups d’État et sont responsables de l’assassinat de plus d’une demi-douzaine de chefs d’État. En outre, les États-Unis ont fait assassiner ou tenté de faire assassiner un certain nombre d’hommes politiques et de personnalités politiques, syndicales voire même humanitaires. 1949, Kim Koo chef de l’opposition coréenne, José Antonio Remon président du Panama dans les années 50, Cou En Lai en 1961, Kim Il-sung en 1955, Norodom Sihanouk, Jose Figueres, président du Costa Rica en 1961, Soekarno, président indonésien en 1957, Nasser en 1960, François Duvallier président d’Haïti en 1961, Patrice Lumumba en 1961, le général Rafael Trujillo président de la république dominicaine en 1963, Ngo Dinh Diem président du Sud Vietnam en 1963, Fidel Castro, 15 tentatives durant les années 60, Raul Castro en 1965, Che Guevara, Francisco Camanao chef de l’opposition dominicaine en 1965, Pier Ngendandumwe, Premier minnistre du Burundi en 1964-65, le général chilien René Schneider en 1981, le général Omar Torrijos chef du Panama en 1972, le général Noriega en 1975, Michael Manley premier ministre de la Jamaïque en 1983, le Guide libyen, le colonel Muammar Kadhafi, à plusieurs reprises durant le années 80, l’Alîm chi’ite Sayyed Mohammed Hussein Fadlallah, le président Saddam Hussein en 1991, le président Slobodan Milosevic en 1991. Liste, bien entendu, non-exhaustives [1].

Les guerres menées par les Etats-Unis d’Amérique, pays se revendiquant comme étant le pays de la liberté, ont-elles été menées pour cette noble cause qu’ils nomment la liberté ou pour d’obscures raisons dont les intérets sont tout autres. En gros, les USA sont-ils rentrés en guerre pour combattre l’oppression, comme la propagande le prétend ou pour des raisons d’ordre purement économique et/ou géostratégiques ? Dans cet article nous passerons en revue les multiples interventions de l’armée américaine [2].

DAKOTA DU SUD 1890 : Troupes, 300 Indiens Iakotas sont massacrés à Wounded Knee.

ARGENTINE 1890 : Troupes, protection des intérêts US à Buenos Aires.

CHILI 1891 : Troupes et Marines, affrontements avec des rebelles nationalistes.

HAÏTI 1891 Troupes, répression d’une révolte de travailleurs noirs dans l’île de Navassa revendiquée par les Etats-Unis.

IDAHO 1892 : Troupes, l’armée réprime une grève dans les mines d’argent.

HAWAII 1893 : Marine, troupes, le royaume indépendant d’Hawai est renversé et le territoire est annexé.

CHICAGO 1894 : Troupes, dislocation d’une grève du rail, 34 tués.

NICARAGUA 1894 : Troupes, occupation pendant plusieurs mois de Bluefields.

CHINE 1894-95 : Marine, troupes. Les Marines débarquent en pleine guerre sino-japonaise.

COREE 1894-96 : Troupes, Marines cantonnés à Séoul durant la guerre.

PANAMA 1895 : Troupes, les Marines de la Navy débarquent dans la province colombienne.

NICARAGUA 1896 : Troupes, les Marines débarquent dans le port de Corinto.

CHINE 1898-1900 : Troupes, la rébellion des Boxers est combattue par des armées étrangères.

Sur les 13 actions militaires menées ci-dessus, aucune ne l’a été pour les raisons éthiques si souvent mentionnées par les dirigeants de cette noble démocratie. Seuls des intérets purement impérialistes sont en jeu et on utilisa meme l’armée pour réprimer des grèves ! On commence tout doucement à douter des intentions si louables et si souvent invoquées par nos amis d’outre-atlantique [3]
Remember the Maine

Si l’on regarde l’histoire des guerres menées par les USA depuis la guerre contre l’Espagne en 1898, on observe une chose commune au déclenchement de presque tous les conflits : la manipulation.

La guerre americano-hispanique commence, en 1898, par une mise en scène magistrale, le navire cuirassé USS Maine explose en rade de La Havane, tuant les 268 hommes d’équipage, à l’exception notable de l’ensemble des officiers, qui par le plus grand des hasards dînaient en ville. L’explosion fut présenté par les médias américains comme une attaque espagnole et les Etats-Unis déclarèrent la guerre à l’Espagne, alors complètement dépassée par l’insurrection cubaine, et les USA en profitèrent pour annexer Guam, Porto-Rico, les Philippines et Hawaï.

Il faut également souligner le fait que les autorités espagnoles ont toujours nié les faits et ont tout fait pour régler le problème à l’amiable mais les USA n’ont rien voulu entendre. Les Etas-Unis voulaient cette guerre un point c’est tout. A la fin de la guerre, la couronne espagnole passa, sous la protection des canons, la main au gouvernement du président McKinley, qui occupa Cuba sous prétexte d’y rétablir l’ordre, un prétexte qu’ils utiliseront encore plus tard. Les forces US ne quittèrent Cuba qu’en 1901 avec l’Amendement Plat, texte par lequel les Etats-Unis s’arrogent le droit d’intervenir à tout moment dans les affaires intérieures cubaines et où Cuba est contrainte de céder la concession perpétuelle de Guantanamo [4]aux Etats-Unis.

PHILIPPINES 1898-1910 : Marine, troupes, 600.000 Philippins tués.

CUBA 1898-1902 : Marine, troupes, la Navy y occupe toujours une base, la trop célèbre base Guantanamo.

PUERTO RICO 1898 : Marine, troupes, territoire ravi à l’ l’occupation se poursuit.

GUAM 1898 Marine, troupes, toujours base militaire.

En 1903, avec le scandale de la construction du canal de Panama, les Etats-Unis rachetèrent les droits de construction du canal, mais le gouvernement colombien, dont le panama était partie intégrante, refusa d’aliéner sa souveraineté. Sans scrupules, le gouvernement du président Theodore Roosevelt encouragea les habitants de Panama à faire sécession le 3 novembre 1903 pendant que la flotte américaine mouillait devant les villes de Colon et de Panama, dissuadant l’armée colombienne d’intervenir. Le 6 novembre, le Panama était reconnu par les autorités du gouvernement américain et un traité fut signé le 18 novembre pour la construction du canal avec la cession d’une bande de 10 miles de large autour du canal. Les Panaméens auront du attendre le 31 décembre 1999 pour avoir la restitution de leur souveraineté sur le canal.

Après cela, les opérations militaires s’enchaînèrent : en 1905, Roosevelt menant sa politique du Big Stick placera la République Dominicaine sous administration douanière pour " offense aux USA " . En 1912, les Marines envahissent le Nicaragua, et le président Taft (bonesman) de claironner : "Le jour n’est pas loin où trois bannières étoilées marqueront notre territoire depuis trois points équidistants : l’un au pôle Nord, l’autre au canal de panama et le troisième au pôle Sud. Tout l’hémisphère nous appartiendra alors de fait, comme il nous appartient moralement aujourd’hui, du fait de la supériorité de notre race". Tout ceci correspond à la doctrine de cette odieuse société secrète de Yale, le Skull and Bones [5] ! En 1914 , la marine américaine pilonne la ville portuaire de Veracruz, attaque due au refus de quelques Mexicains de saluer la bannière étoilée. En 1933, les forces américaines quittent le Nicaragua et laissent le pays aux bons soins du dictateur Anastasio Somoza.

Aujourd’hui encore, l’Amérique Latine reste une " arrière cour " américaine où tous les moyens sont bons pour que l’Oncle Sam continue à faire des bénéfices au mépris des droits de l’homme. C’est pour cela qu’il faut soutenir des gouvernements comme ceux de Chavez ou de Lula au Brésil, gouvernements qui travaillent d’abord dans l’intérêt de leurs peuples plutôt que dans celle de l’Amérique Impérialiste. Une fois élu, Bush junior annonçait qu’il mettrait en place une politique de "Doctrine Monroe globale" voulant faire de la terre un " carré américain ". La Doctrine Monroe, dans son application, n’est qu’une politique d’aliénation des droits des peuples et d’esclavagisme économique pour que quelques personnes aux Etats-Unis puissent conserver leur train de vie, cette doctrine entraîne des morts par milliers et annonce un impérialisme et un rejet de la démocratie dans les pays qui intéressent les gouvernements us qui préfèrent y voir des régimes dictatoriaux…

Pourquoi tant de haine me direz-vous ? Avant 1807, les Etats-Unis étaient en concurrence militaire et économique avec l’Empire Espagnol. Celui-ci, réduit à l’état de puissance de 3eme ordre par les guerres Napoléoniennes et déchirée par des dissensions internes, voit ses colonies se révolter les unes après les autres et se proclamer Républiques indépendantes. Les Etats-Unis, qui voient ces révolutions d’un bon œil, s’empressent de les reconnaître en 1822. Bien sûr, l’Espagne continue, elle, à considérer ces états comme des colonies en état d’insurrection. Entre temps, en Europe, l’Autriche, la Prusse, la Russie et la France crées la Sainte Alliance avec pour but d’écraser les révolutions où qu’elles se présentent. Les Etats-Unis redoutent alors l’envoi d’une armée monarchique en Amérique afin de rendre à l’Espagne catholique ses anciennes colonies. De plus, cette armée n’est pas la seule qui menace les intérêts Etatsuniens sur le continent Américain. Peu de gens savent que la Russie avait déjà établi des comptoirs en Californie et en 1821, un Oukase du Tsar Alexandre revendiqua une partie de l’Oregon pour la rattacher à l’Alaska (non encore possession américaine) et interdit à tous navires étrangers de croiser dans une vaste zone du Nord-Ouest du Pacifique. Le Secrétaire d’Etat John Quincy Adams est conscient de l’importance des futurs marchés que représentent ces nouvelles républiques Latino-Américaines. L’Empire Britannique propose alors de soutenir les Etats-Unis mais Adams arrive à convaincre le président Monroe qu’il appartient aux seuls Etats-Unis de régler ce problème.
Qu’est-ce que la doctrine Monroe : Tout simplement, l’Amérique aux Américains

Le 2 Décembre 1823, le président Monroe énonce devant le Congrès la doctrine qui portera son nom et fixera les fondements de la diplomatie Américaine. Cette Doctrine se fonde sur 2 grands principes : la non-colonisation et la non-intervention. Elle s’empreint également de considérations et de préjugés raciaux. - La prédominance de la race blanche sur la race noire ; face au " problème noir ", Monroe entérine le compromis du Missouri et prône rien de moins que le renvoi de tous les esclaves noirs en Afrique manu militari.

Les Etats-Unis ayant reconnu l’année précédente l’indépendance des nouvelles républiques Latino-Américaines, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud ne sont plus ouvertes à la colonisation européenne. Les Etats-Unis regarderont toute intervention de la part des nations européennes dans les affaires du continent américain comme une menace pour l’intégrité des Etats-Unis : "Nous considérons que toute tentative de l’Europe en vue d’étendre son système à quelque fraction que ce soit de cet hémisphère serait dangereux pour notre paix et pour notre sécurité". L’ensemble de l’Amérique Latine est ainsi placée sous protectorat des Etats-Unis et est considéré comme son " arrière cour ". John Adams mis en place la philosophie d’exploitation économique et matérielle de l’Amérique du Sud afin d’apporter des matières premières à bas prix aux industries Nord-Américaines. En contre-partie, les Etats-Unis s’engagent à ne jamais intervenir dans les affaires Européennes. Face au barrage de la marine britannique, la Sainte-Alliance renonce à toute intervention en Amérique du Sud et en 1924, la Russie signe un traité avec les Etats-Unis par lequel elle renonce à toute revendication au sud de l’Alaska. Evidemment, les petits états tels que le Honduras, le Venezuela et le Nicaragua n’apprécient guère cette " protection " forcée et de ce quasi-protectorat qui vont amener dans le siècle qui suit les Etats-Unis à intervenir militairement contre toute velléité à leur suprématie.
Mise en Application

La doctrine Monroe prévoit que les Etats-Unis doivent être les garants de la stabilité du continent américain afin de faciliter leurs exploitations et la sécurité de leurs échanges commerciaux. Comme le dit le président William H. Taft (bonesman comme vous le savez maintenant) en 1912, la politique extérieure des Etats-Unis n’excluait " d’aucune façon une intervention active pour assurer à nos marchandises et à nos capitalistes, des facilités pour des investissements profitables " . Et les Etats-Unis n’allaient pas hésiter à assurer d’une main de fer la " sécurité " de leurs intérêt.

La première mise en application de la doctrine Monroe fut le cas édifiant de William Walker, flibustier (voir encore l’article sur le skull and bones dont l’emblème est comme par hasard celui de la piraterie : que de coïncidences) américain qui agissant pour le compte des banquiers Morgan et Garrison, envahit le Nicaragua en 1855 et s’autoproclama président. Durant ses deux années de règne, Walker envahit les états voisins du Salvador et du Honduras, s’érigeant ici aussi en chef d’état. Avec la caution officieuse du gouvernement des Etats-Unis, lui et ses soldats volèrent, tuèrent incendièrent et rétablirent même l’esclavage dans les états sous leur domination. Son occupation fut dévastatrice jusqu’à ce qu’il fut défait par une armée de volontaires costaricains en 1857. A son retour, il fut reçu aux Etats-Unis en héros national !

MINNESOTA 1898 : Troupes, l’armée défait les Indiens chippewa à Leech Lake.

NICARAGUA 1898 : Troupes, les Marines débarquent dans le port de San Juan del Sur.

SAMOA 1899 : Troupes, bataille pour la succession du trône.

NICARAGUA 1899 : Troupes, les Marines débarquent dans le port de Bluefields.

IDAHO 1899-1901 : Troupes, l’armée occupe la région minière de Coeur d’Alene.

OKLAHOMA 1901 : Troupes, l’armée mate une révolte d’Indiens creek.

PANAMA 1901-14 : Marine, troupes, sécession vis-à-vis de la Colombie 1903, annexion zone du Canal 1914-99.

HONDURAS 1903 : Troupes, les Marines interviennent dans la révolution.

REPUBLIQUE DOMINICAINE 1903-04 : Troupes, protection des intérêts américains dans la révolution.

COREE 1904-05 : Troupes, les Marines débarquent dans la guerre russo-japonaise. Les américains jouèrent en effet un rôle de médiateur dans ce conflit.

CUBA 1906-09 : Troupes, les Marines débarquent en pleine élection démocratique.

NICARAGUA 1907 : Troupes, "Diplomatie du dollar", instauration d’un protectorat.

HONDURAS 1907 : Troupes, les Marines débarquent au cours de la guerre contre le Nicaragua.

PANAMA 1908 : Troupes, les Marines interviennent au cours d’une contestation électorale.

NICARAGUA 1910 : Troupes, les Marines débarquent à Bluefields et Corinto.

HONDURAS 1911 : Troupes, protection des intérêts américains durant la guerre civile.

CHINE 1911-41 : Marine, troupes, occupation permanente avec escarmouches.

CUBA 1912 : Troupes, protection des intérêts américains à La Havane.

PANAMA 19l2 : Troupes, les Marines débarquent durant des élections mouvementées.

HONDURAS 19l2 : Troupes, Marines, protection des intérêts économiques américains.

MEXIQUE 1914-18 : Marine, troupes, série d’interventions contre les nationalistes.

HAITI 1914-34 : Troupes, bombardements, occupation de 19 ans après révoltes.

REPUBLIQUE DOMINICAINE 1916-24 : Troupes, 8 ans d’occupation par les Marines.

CUBA 1917-33 : Troupes, occupation militaire, protectorat économique.

PREMIERE GUERRE MONDIALE 19l7-18 : Marine, troupes, torpillage de navires, guerre contre l’Allemagne. Un des gros problème de l’Allemagne et de ses alliés au cours de la première guerre mondiale est le ravitaillement qui ne peut se faire que par mer. Or les allemands sont confrontés à un dilemne : soit ils sont efficaces et font une guerre totale en détruisant systématiquement tous les bateaux alliés (ou neutres) avec l’aide de leurs sous-marins ; soit ils contrôlent chaque bateau allié (ou neutre) mais prennent le risque de permettre aux alliés de se ravitailler. Le fameux incident du Lusitania (paquebot américain coulé en 1915) n’est qu’un préambule aux rapports entre l’Allemagne et les USA. Après cet incident les allemands mènent une guerre maritime moins agressive ce qui permet aux alliés de reprendre du poil de la bête. Mais c’est une bévue allemande, la "dépêche Zimmermann", qui va servir de détonateur. Dans ce texte, adressé au gouvernement mexicain par le biais de l’ambassadeur d’Allemagne à Washington, Berlin offre à Mexico une alliance et une assistance financière. Il lui fait miroiter non seulement la restitution des Etats arrachés au Mexique en 1848 (Texas, Arizona ... ), mais encore une intervention diplomatique qui constituerait à grouper contre WASHINGTON : Berlin, Mexico et... Tokyo. Le 22 Janvier 1917, WILSON avait proposé une paix blanche ("Peace without victory") que la France ne pouvait accepter. Et peu après, l’Allemagne décrète la guerre sous-marine totale. En Amérique, c’est l’explosion. Le 9 Mars 1917, Wilson arrache au Congrès l’autorisation d’armer en guerre les navires de commerce américains. Deux navires sont coulés par les sous-marins allemands. Le 2 Avril 1917, les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Allemagne. L’appui de l’Amérique venait à point nommé. Car le moral des combattants était sérieusement atteint. En Avril 1917, l’offensive NIVELLE au Chemin des Dames échoua. Une vague de pacifisme, des grèves, la hausse des prix, et la défection de la Russie faisaient craindre le pire. "J’attends les tanks et les Américains", devait prononcer le Général PETAIN, nouveau Commandant en Chef. Il avait raison. Jamais, sans l’aide financière et en hommes et en matériel des Etats-Unis, l’Entente n’aurait pu venir à bout de la formidable machine de guerre allemande. Deux millions d’Américains furent ainsi lancés dans la bataille. Ils devaient en particulier s’illustrer à l’offensive de Saint-Mihiel, lancée par le Général PERSHING le 12 Septembre 1918. Cette opération comportait 216 000 Américains et 48 000 Français en première ligne, et 200 000 Américains en réserve. Le Brigadier Général MAC ARTHUR commandait la 84e Brigade de la "Rainbow Division", et le Colonel George PATTON était le chef d’état-major de la Brigade de chars Renault commandée par le Général ROCQUENBACK. Les forces aériennes (la plus grande concentration aérienne de la guerre) étaient commandées par le Colonel américain MITCHELL. En France, les forces américaines ont perdu 116 000 hommes tués (1) et eurent 206 000 blessés, mais elles sont arrivées juste à temps pour permettre aux alliés d’avoir la supériorité numérique qui, en Avril 1918, appartenait encore aux Allemands. Grâce à leur intervention, les Américains avaient, le 11 Novembre 1918, payé leur dette à leurs libérateurs français : Rochambeau, La Fayette, de Grasse.

RUSSIE 1918-22 : Marine, troupes, cinq débarquements sont opérés pour combattre les bolcheviks. Ce qui est incroyable de duplicité dans cette affaire, c’est que la révolution menée par les bolshéviks n’aurait pu avoir lieu sans l’aide des américains ! En effet, en 1917, c’est grace à un passeport offert par Woodrow Wilson que Léon Trotsky pu rejoindre la Russie. Et le comble de l’histoire, c’est qu’il fut accompagné par des financiers américains et des officiers américains d’élite chargés d’aider les bolshéviks à mettre en place l’armée rouge ! Allez comprendre…

PANAMA 1918-20 : Troupes, " devoir de police " durant les troubles qui suivirent les élections.

YOUGOSLAVIE 1919 : Troupes, les Marines interviennent au profit de l’Italie contre les Serbes en Dalmatie.

HONDURAS 1919 : Troupes, les Marines débarquent au cours d’une campagne électorale.

GUATEMALA 1920 : Troupes, deux semaines d’intervention sont menées contre les unionistes.

VIRGINIE OCCIDENTALE 1920-21 : Troupes, bombardements, l’armée intervient contre des mineurs.

TURQUIE 1922 : Troupes, combats contre les nationalistes à Smyrne (Izmir).

CHINE 1922-27 : Marine, troupes, déploiements opérés au cours des révoltes nationalistes.

HONDURAS 1924-25 : Troupes, deux débarquements sont effectués durant troubles électoraux.

PANAMA 1925 : Troupes, les Marines répriment une grève générale.

CHINE 1927-34 : Troupes, les Marines stationnent un peu partout dans le pays.

SALVADOR 1932 : Envoi de navires de guerre durant la révolte de Faribundo Marti.

WASHINGTON DC 1932 : Troupes, l’armée met un terme à la protestation en faveur des primes pour les vétérans de la Première Guerre Mondiale. Engagez-vous qu’ils disaient.

SECONDE GUERRE MONDIALE 1941-45 : Marine, troupes, bombardements, frappes nucléaires, 3 années de combats contre l’Axe ; plus de 200.000 victimes lors des premières frappes nucléaires. En 1941, les evènements de Pearl Harbor se sont déroulés alors que les États-Unis désiraient (le gouvernement s'entend) à prendre la décision d’intervenir aux côtés des Alliés dans la Seconde Guerre mondiale. L’Administration du Président Roosevelt était impatiente d’entrer en guerre contre l’Allemagne et, bien que la classe ouvrière américaine fût complètement prisonnière de l’appareil syndical (au sein duquel le parti stalinien jouait un rôle significatif) imposé d’autorité par l’Etat pour contrôler la lutte de classe dans toutes les industries-clefs, et qu’elle fût imprégnée par l’idéologie de l’anti-fascisme, la bourgeoisie américaine devait faire face à une forte opposition à la guerre, pas seulement de la part de la classe ouvrière, mais au sein de la bourgeoisie elle-même. Avant Pearl Harbor, les sondages montraient que 60% de l’opinion publique était opposée à l’entrée en guerre, et les campagnes de groupes isolationnistes tels que " American first " trouvaient un soutien considérable au sein de la bourgeoisie. Bien qu’elle affichât la volonté politique et démagogique de rester en dehors de la guerre européenne, l’Administration américaine cherchait en douce une excuse pour se joindre aux combats. Les Etats-Unis violaient de plus en plus leur neutralité auto-proclamée, en offrant de l’aide aux Alliés, en transportant des quantités considérables de matériel de guerre selon le programme "Lend Lease". Mais à côé de ça Ford construisait en Allemengne dans des usines qui ne furent jamais bombardées et grâce à une main d'oeuvre de prisonniers des camions, etc. ITT a réalisé le réseau de télécommunication allemand! L’Administration espérait  mener les Allemands à lancer une attaque contre les forces américaines dans l’Atlantique Nord qui servirait de prétexte pour leur entrée en guerre. Comme l’impérialisme allemand refusait de mordre à l’hameçon, l’attention se tourna vers le Japon. La décision d’imposer un embargo pétrolier au Japon et le transfert de la flotte du Pacifique de la côte Ouest des Etats-Unis vers une position plus exposée à Hawaii, ont servi à fournir un motif et une opportunité au Japon de "tirer les premiers" contre les Etats-Unis, et par là, à trouver le prétexte d’une intervention américaine dans la guerre impérialiste. En mars 1941, un rapport secret du Département de la Marine prévoyait que si le Japon devait attaquer les Etats-Unis, ce serait tôt le matin par un raid aérien sur Pearl Harbor lancé depuis des porte-avions. Comme l’a noté le conseiller présidentiel Harold Ickes, dans un mémorandum de juin 1941, alors que l’Allemagne venait d’attaquer la Russie, "à partir de l’embargo pétrolier sur le Japon, pourrait se développer une situation qui non seulement permettrait mais faciliterait notre entrée en guerre". En octobre, Ickes écrivait : " J’ai toujours pensé que notre entrée en guerre se ferait par le Japon. " Fin novembre, Stimson (bonesman), Secrétaire d’Etat à la Guerre, a écrit dans son journal le compte-rendu de ses discussions avec le Président Roosevelt : " La question était de savoir comment les manoeuvrer pour les amener (le Japon) à tirer les premiers sans trop de dangers pour nous-mêmes. Cependant, malgré les risques encourus à les laisser tirer les premiers, nous nous rendions compte que pour obtenir un soutien total du peuple américain, il valait mieux que ce fût les Japonais qui le fassent de sorte qu’il ne subsisterait aucun doute dans l’esprit de quiconque sur le fait que c’était eux les agresseurs." Le rapport du Bureau de l’Armée à Pearl Harbor, daté du 20 octobre 1941, décrit cette décision machiavélique et prise en conscience de sacrifier des vies humaines et de l’équipement et conclut que "durant cette période décisive, du 27 novembre au 6 décembre 1941, de nombreuses informations nous sont parvenues, au plus haut niveau, au Département d’Etat, au Département de la Marine et de la Guerre, indiquant précisément les intentions des Japonais et incluant l’heure et la date exactes où devait probablement avoir lieu l’attaque" (Army Board Report , Pearl Harbor Attack , Part 29, pages 221-230). Ces informations étaient les suivantes :

Les services secrets US avaient appris le 24 novembre que les "opérations militaires offensives du Japon" étaient prêtes.

Ces mêmes services secrets avaient reçu le 26 novembre "des preuves évidentes des intentions japonaises de lancer une guerre offensive contre la Grande Bretagne et les Etats-Unis".

Dans un rapport daté aussi du 26 novembre, on signalait "une concentration d’unités de la flotte japonaise dans un port inconnu, prêtes pour une action offensive."

Le 1er décembre, "des informations précises parvinrent de trois sources indépendantes, selon lesquelles le Japon allait attaquer la Grande Bretagne et les Etats-Unis, mais resterait en paix avec la Russie."

Le 3 décembre, "les informations selon lesquelles les Japonais détruisaient leurs codes secrets et leurs machines à encoder constituèrent le point culminant de cette révélation complète des intentions de guerre du Japon et de l’attaque imminente. Ceci fut analysé ? comme signifiant la guerre immédiate." Ces informations des services secrets étaient données aux fonctionnaires de plus haut rang du Département d’Etat et de la Guerre et en même temps à la Maison Blanche, où Roosevelt en personne recevait deux fois par jour des comptes-rendus sur les messages japonais qui étaient interceptés. Alors que les officiers des services de renseignements poussaient à envoyer en urgence une "alerte à la guerre" au Commandement militaire à Hawaii, pour le préparer à l’attaque imminente, les gros bonnets civils et militaires décidèrent du contraire et au lieu de ça envoyèrent un message que le bureau qualifia d’"anodin". La preuve que l’attaque japonaise était connue d’avance, fut confirmée par différentes sources dont des articles de journalistes et des mémoires écrits par les participants. Par exemple, on pouvait lire dans une dépêche de l’agence United Press publiée dans le New York Times du 8 décembre sous le titre " L’attaque était attendue " : " Il est maintenant possible de révéler que les forces armées des Etats-Unis étaient au courant depuis une semaine que l’attaque allait arriver, et qu’elle ne les a pas prises par surprise. " (New York Times, 8 décembre 1941, p. 13.) Dans une interview accordée en 1944, Eleanor Roosevelt, femme du Président, a avoué que " le 7 décembre a été loin de représenter un choc brutal pour le pays comme on a bien voulu le dire. Cela faisait longtemps qu’on s’attendait à un tel événement " (New York Times Magazine, 8 octobre 1944, page 41). Le 20 juin 1944, le ministre britannique sir Olivier Littleton a déclaré devant la Chambre de commerce américaine : "Le Japon a été poussé à attaquer les Américains à Pearl Harbor. C’est travestir l’Histoire que de dire que l’Amérique a été forcée d’entrer en guerre. Tout le monde sait vers qui allaient les sympathies des Américains. Il est incorrect de parler d’une véritable neutralité de l’Amérique, même avant sa participation aux combats." (Prang, Pearl Harbor : Verdict of History, pages 39-40.) Winston Churchill a confirmé la duplicité des dirigeants américains pour ce qui concerne l’attaque de Pearl Harbor, dans ce passage de son livre The Grand Alliance : "En 1946 ont été publiés les résultats d’une enquête du Congrès américain dans lesquels étaient exposés chaque détail des événements qui menèrent à la guerre entre les Etats-Unis et le Japon, et aussi le fait que les départements militaires n’ont jamais envoyé de message d’alerte aux escadres et aux garnisons qui étaient exposées. Chaque détail, y compris le texte décodé des télégrammes secrets japonais, a été exposé au monde en quarante volumes. La force des Etats-Unis a été suffisante pour leur permettre de supporter cette dure épreuve requise par l’esprit de la Constitution américaine. Je n’ai pas l’intention, dans ces pages, de prononcer un jugement sur cet épouvantable épisode de leur histoire. Nous savons que tous les grands Américains autour du perspicacité que moi, ce terrible danger que le Japon allait attaquer les possessions anglaises et hollandaises en Extrême Orient, en évitant de toucher aux Etats-Unis, et qu’en conséquence le Congrès américain n’autoriserait pas une déclaration de guerre. (...) Le Président et ses hommes de confiance se rendaient compte depuis longtemps des graves risques que faisait courir aux Etats-Unis leur neutralité dans la guerre contre Hitler et tout ce qu’il représentait. Ils avaient durement ressenti les contraintes que leur imposait le Congrès, quand quelques mois auparavant, la Chambre des Représentants n’avait renouvelé que d’une seule voix la loi sur le service militaire obligatoire, loi nécessaire sans laquelle leur armée aurait été presque démantelée au milieu des convulsions qui agitaient le monde. Roosevelt, Hull, Stimson, Knox, le général Marshall, l’amiral Stark et Harry Hopkins étaient tous du même avis. ( ?) Une attaque japonaise sur les Etats-Unis allait considérablement simplifier leurs problèmes et leur tâche. Peut-on alors être étonné qu’ils aient pu considérer la forme que prendrait cette attaque ou même son intensité comme bien moins importantes que le fait que l’ensemble de la nation américaine allait se retrouver unifiée dans une juste cause pour défendre sa sécurité, comme elle ne l’avait jamais été auparavant " (Winston Churchill, The Grand Alliance, page 603). Il se peut que Roosevelt n’ait pas anticipé l’étendue des dégâts et des pertes que les Japonais allaient infliger à Pearl Harbor, mais il est clair qu’il était prêt à sacrifier des vies et des navires américains pour faire naître un sentiment de haine parmi la population et la pousser à la guerre.

DETROIT 1943 : Troupes, l’armée mate une rébellion noire.

IRAN 1946 : Menace nucléaire, les troupes soviétiques se voient intimer l’ordre de quitter le Nord (Azerbaïdjan iranien). De même l’utilisation des deux bombes atomiques pour mettre fin à la guerre contre le Japon est également un mythe. Les japonais avaient accepté une rddition sans condition peu avant que les villes de Hiroshima et de Nagazaki ne furent la cible des dites bombes atomiques. Si Truman décida d’utiliser les bombes ce fut en fait pour faire pression sur les soviétiques. Les américains savaient que l’Europe allait être divisée en deux blocs et que les élections démocratiques dans les pays libérés par l’armée rouge en Europe de l’Est promises par Staline à Roosevelt à Yalta n’auraient jamais lieu. Il fallait néanmoins éviter que les communistes n’aillent plus à l’Ouest. En faisant étalage de la puissance dévastatrice des bombes atomiques, les américains s’affirmaient comme la première puissance militaire du monde

YOUGOSLAVIE 1946 Réponse navale après qu’un appareil américain est abattu.

URUGUAY 1947 : Menace nucléaire, déploiement de bombardiers (étalage de puissance).

GRECE 1947-49 : Commandement des opérations, direction des forces d’extrême droite durant la guerre civile.

CHINE 1948-49 : Troupes, les Marines évacuent les ressortissants américains avant la victoire communiste.

ALLEMAGNE 1948 : Menace nucléaire, des bombardiers à capacité nucléaire surveillent le pont aérien vers Berlin.

PHILIPPINES 1948-54 : Commandement des opérations, la CIA dirige la guerre contre la rébellion des Huk.

PUERTO RICO 1950 : Commandement des opérations, rébellion en faveur de l’indépendance écrasée à Ponce.

COREE 1950-53 : Troupes, marine, bombardements, menaces nucléaires, les EU et la Corée du Sud combattent la Chine et la Corée du Nord, c’est l’impasse, menace de bombe atomique en 1950 et contre la Chine en 1953. Depuis lors il y a toujours des Bases américaines en Corée du Sud.

IRAN 1953 : Commandement des opérations, la CIA renverse la démocratie et installe le shah au pouvoir.

VIETNAM 1954 : Menace nucléaire, offre de bombes aux Français pour qu’ils l’utilisent durant leurs opérations militaires.

GUATEMALA 1954 : Commandement des opérations, bombardements, menace nucléaire, la CIA dirige l’invasion des exilés après que le nouveau gouvernement a nationalisé les terres appartenant à des compagnies américaines ; bases de bombardiers au Nicaragua. La CIA orchestre au Guatemala le renversement de Jacobo Arbenz, démocratiquement élu pour le remplacer par 40 ans de violences et de répression qui feront 150 000 morts.

EGYPTE 1956 : Menace nucléaire, les troupes soviétiques sont priées de se tenir à l’écart de la crise de Suez ; les Marines évacuent les étrangers.

LIBAN 1958 Troupes, marine, occupation navale contre les rebelles.

IRAK 1958 : Menace nucléaire, Irak est mis en garde contre une invasion du Koweït.

CHINE 1958 : Menace nucléaire, la Chine est priée de ne pas débarquer sur les îles taïwanaises.

PANAMA 1958 : Troupes, des protestations contre le drapeau se muent en confrontations.

VIETNAM 1960-75 : Que dire de la guerre du Vietnam ? Après que les français aient perdu la guerre d’Indochine en 1954, le Vietnam fut divisé en deux autour du 17e parallèle. Au nord les communistes de Ho Chi Minh, au Sud le régime autoritaire du catholique Diem. Mais les communistes sont présents au Sud et via le FNL, ils tentent de renverser ce régime avec l’aide de l’URSS et de la Chine. Le Sud est aidé quant à lui par les américains qui craignent de voir le pays tout entier sombrer dans le communisme, et après lui, selon la théorie des dominos, l’entierté de l’Asie du Sud-Est. En 1963, un coup d’Etat militaire renverse Diem. Kennedy envoie d’abord des instructeurs militaires puis il passe à des troupes réelles soit 85.000 hommes. Mais cela ne suffit pas à endiguer les troupes du Nord. Prétextant d’un incident sur un bateau américain, soi-disant attaqué par le Vietcong dans le golfe du Tonkin, Lyndon Johnson envoie des centaines de milliers d’hommes. Mais ceux-ci vont s’enliser face à la détermination des hommes de Ho Chi Minh. En 1975, le président Gérald Ford met un terme à cette sale guerre qui aura traumatisé l’Amérique et le monde.

CUBA 1961 : Commandement des opérations, la CIA dirige une invasion (dans la baie des cochons) d’exilés qui conduit à un cuisant échec.

ALLEMAGNE 1961 : Menace nucléaire, alerte durant la crise du Mur de Berlin.

CUBA 1962 : Menace nucléaire, marine, blocus naval durant la crise des missiles ; c’est presque la guerre contre l’URSS.

LAOS 1962 : Commandement des opérations, mise sur pied d’une armée durant la guerre de guérilla.

PANAMA 1964 : Troupes, des Panaméens sont abattus alors qu’ils réclament la restitution du canal.

INDONESIE 1965 : Commandement des opérations, un million de personnes périssent pendant le coup d’Etat militaire orchestré par la CIA.

REPUBLIQUE DOMINICAINE 1965-66 : Troupes, bombardements, les Marines débarquent durant une campagne électorale. En 1965, 23 000 boys sont dépéchés en République Dominicaine pour y " restaurer l’ordre " à la suite d’un soulèvement populaire contre le régime militaire en place.

GUATEMALA 1966-67 : Commandement des opérations, les Bérets verts interviennent contre les rebelles.

DETROIT 1967 : Troupes, l’armée intervient contre des Noirs, 43 tués.

ETATS-UNIS 1968 : Troupes, après l’assassinat de Martin Luther King, 21.000 soldats sont déployés dans différentes villes.

CAMBODGE 1969-75 : Bombardements, troupes, marine. Quelque 2 millions de morts en sept ans de bombardements, de famine et de chaos politique.

OMAN 1970 : Commandement des opérations, les USA dirigent l’invasion de la marine iranienne.

LAOS 1971-73 : Commandement des opérations, bombardements, les USA dirigent l’invasion sud-vietnamienne, carpet-bombing des campagnes.

DAKOTA DU SUD 1973 : Commandement des opérations, l’armée dirige le siège de Wounded Knee contre les Indiens lakota.

MOYEN-ORIENT 1973 : Menace nucléaire, alerte mondiale durant la guerre du Moyen-Orient.

CHILI 1973 : Commandement des opérations, l’administration Nixon, via la CIA, aide le général Pinochet à renverser le président marxiste mais non communiste, démocratiquement élu, Salvatore Allende. Ironie de l’histoire c’était un 11 septembre…

CAMBODGE 1975 : Troupes, bombardements au gaz, capture de navire, 28 morts dans un accident d’hélico.

ANGOLA 1976-92 : Commandement des opérations, la CIA aide les rebelles soutenus par l’Afrique du Sud.

Les années 80 sont marquées par une aide sans précédent aux résistants islamistes afghans, à Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran et à tous les régimes corrompus d’Amérique centrale et du Sud (Nicaragua, Colombie, etc). Faisons un parallèle avec la manière dont Israël tenta de fair e baisser l’influence de l’OLP de Arafat. Les israêliens firent revenir d’exil un extrémiste musulman charismatique : le sheik Yassin futur chef spirituel du Hamas. Les israêliens aussi bien que les américains jouèrent le jeu de l’extrémisme religieux afin de combattre l’influence des nationalismes arabes. On voit ce que ça a donné : le Hamas (et les autres mouvements radicaux islamistes) refusent tout compromis avec Israël. Les américains jouèrent le jeu des musulmans afghans pendant la guerre menée par l’armée rouge contre l’Afghanistan. Un seul chef d’Etat arabe laïque avait alors grâce à leurs yeux : Saddam Hussein. Les shiites sous la houlette de Khomeiny avaient bouté dehors le chah d’Iran, allié inconditionnel des américains. Or Saddam déclara la guerre à l’Iran en 1980, sûr de sa supériorité militaire. C’était sans compter sur le fanatisme shiite iranien qui tint bon jusqu’en 1988, date à laquelle les deux parties cessèrent les hostilités. Mais pour éviter une défaite à l’Irak, les américains durent lui fournirent des armes parmi les plus perfectionnées de leur arsenal ! L’Irak était ruiné. Les israëliens quant à eux durent faire face à la meme époque à la première intifada qui renforça la détermination des mouvements islamistes radicaux. Les extrémistes musulmans s’avérèrent plus intransigeants que les nationalistes de l’OLP. On crut bien qu’au milieu des années 90 Rabbin et Peres allaient aboutir à une paix avec les palestiniens. Il n’en fut rien. Les accords d’Oslo, permirent une chose : les pays arabes cessèrent de boycotter les produits isrëliens et Rabbin fut assassiné par un extrémiste juif. La guerre s’enlisait. Du côté américain les amis d’autrefois : Ben Ladden et consors s’émancipaient de plus en plus et devinrent dans les années 90, après la fin de la guerre d’Afghanistan les nouveaux ennemis de l’Amérique. Les attentats contre les intérêts américains se multiplièrent. Les alliés de toujours des américains, les saoudiens, revirent leurs positions. Le peuple fanatisé par la propagande wahhabite menée grâce à l’argent du pétrole se mit à haïr les USA comme jamais. Le pays devint de moins en moins sûr pour les intérêts américains. Mais une nouvelle donne avait tout changé. L’URSS n’existait plus. Les Etats-Unis d’amérique avaient réussi à faire exploser le bloc communiste de l’intérieur. Leurs mains étaient désormais libres pour mener des actions de plus grande envergure. Il fallait se rapprocher de la Chine et de l’Inde, puissantes émergentes : pour ce faire, des bases sont nécessaires. On poussa donc l’Irak à bout. Voir l’article " Pourquoi ils ont permis les attentats du 11 septembre ".

IRAN 1980 : Troupes, menace nucléaire, bombardement avorté, raid pour délivrer les otages de l’ambassade ; 8 soldats meurent dans un accident d’hélico. Les Soviétiques sont avertis de ne pas s’impliquer dans la révolution. Il apparaît après coup que les candidats républicains soutenant Ronald Reagan ont tout fait pour faire échouer l’opération. Bel exemple de patriotisme.

LIBYE 1981 : Jets de la Marine, deux appareils à réaction libyens sont abattus durant des manoeuvres.

SALVADOR 1981-92 : Commandement des opérations, conseil des troupes, survols, aide à la guerre contre les rebelles, des soldats sont brièvement impliqués dans une prise d’otages.

NICARAGUA 1981-90 : Commandement des opérations, marine, la CIA dirige les invasions d’exilés (contras) qui combattent les sandinistes marxistes.

LIBAN 1982-84 : Marine, bombardements, troupes, les Marines expulsent l’OLP et soutiennent les phalangistes chrétiens, la marine bombarde et arrose d’obus les positions musulmanes et syriennes.

HONDURAS 1983-89 : Troupes, des manoeuvres assistent la construction de bases à proximité des frontières.

GRENADE 1983-84 : Troupes, bombardements, une invasion a lieu quatre ans après la révolution.

IRAN 1984 : Utilisation d’avions chasseurs, deux jets iraniens sont ainsi abattus au-dessus du golfe Persique.

LIBYE 1986 : Bombardement, marine, des frappes aériennes sont effectuées pour renverser le gouvernement nationaliste.

BOLIVIE 1986 : Troupes, l’armée assiste des raids dans la région où pousse la cocaïne.

IRAN 1987-88 Marine, bombardements, les USA interviennent aux côtés de l’Irak dans la guerre. Ils soutiennent activement le dictateur Saddam Hussein, garant des intérêts américains car laïque et opposé au fanatisme de la révolution islamiste shiite.

LIBYE 1989 : utilisation de chasseurs de la marine, deux jets libyens sont abattus.

ILES VIERGES 1989 : Troupes, St. Croix est le théatre d’émeutes noires après l’assaut.

PHILIPPINES 1989 : Jets, une couverture aérienne est fournie au gouvernement contre un éventuel coup d’Etat.

PANAMA 1989-90 : Troupes, bombardement, le gouvernement nationaliste est destitué par 27.000 soldats, les dirigeants sont arrêtés, on dénombre plus de 2000 morts. Le 20 décembre 1989, le président Bush senior ordonne une attaque militaire sur le Panama dans le but d’arrêter le dictateur au pouvoir, Manuel Noriega, pourtant agent de la CIA. : 6000 soldats face à 25 000 soldats d’élite US, utilisant aviation, portes avions ainsi que, pour la première fois, le bombardier Stealth. En 13 heures, 422 bombes furent déversées sur Panama-City. Les Soldats US entèrèrent les morts panaméens dans des fosses communes sans les identifier. " Cinq blocs entiers ont été bombardés, les 25ème, 26ème, et 27ème rues où j’ai passée mon enfance ont été complètement détruites et transformées en un cimetière. A minuit trente, le bombardement, le mitraillage et les tirs aux roquettes ont commencés. Puis ont été utilisés les lances flammes et les tanks, et ce fut la désolation générale. Ils ont tiré à la mitrailleuse sur des maisons faites de bois et de plâtre pendant que la population dormait, à quelques jours de noël. Beaucoup de ceux qui ont tenté d’échappé aux incendies et aux bombardements sont morts dans les rues, abattus par les mitrailleuses américaines " . Cette attaque violait la convention de genève mais fut la première appellée " guerre propre ". Les chiffres officiels annoncent 560 morts mais la croix rouge donne le chiffre de 4000 avec entre 15 000 et 30 000 personnes ayant perdu leur habitation.

NICARAGUA, 1990 : Un an plus tard, les Etats-Unis font preuve d’un peu plus de finesse avec une intervention massive dans le processus électoral nicaraguayen en finançant ouvertement l’opposition, alors même que le financement des partis politiques américains par des intérêts étrangers est illégal aux Etats-Unis.

LIBERIA 1990 : Troupes, les étrangers sont évacués durant la guerre civile.

ARABIE SAOUDITE 1990-91 : Troupes, jets, l’Irak est contrée après son invasion du Koweït ; 540.000 hommes stationnés à Oman, au Qatar, à Bahrain, dans l’UEA, en Israël.

IRAQ 1990- 1991 : première guerre du golfe : Bombardements, troupes, marine, blocus de l’Irak et des ports jordaniens ; 200.000 morts et plus lors de l’invasion de l’Irak et du Koweït, zone d’interdiction de vol sur le Nord kurde, sur le Sud chiite, destruction à grande échelle des équipements militaires irakiens. En outre il apparaît que : l’armée américaine a utilisé des armes à uranium apauvri ce qui provoqua le syndrôme de la guerre du golfe ; que Bush a lâchement abandonné le peuple irakien qu’il avait appelé à la révole contyre son dictateur, lui permettant de reprendre les rennes du pouvoir. Il s’ensuivit des massacres de milliers d’opposants shiites, et kurdes pour la plupart.

KOWEÏT 1991 : Marine, bombardements, troupes, le famille royale du Koweït est réinstallée sur le trône.

LOS ANGELES 1992 : Troupes, l’armée et les Marines sont déployés contre les émeutes anti-policières.

COLOMBIE : Aujourd’hui, l’opinion internationale empêchant les interventions militaires, les Etats-Unis ont lancé le Plan Colombie, qui soutient le gouvernement colombien qui détient pourtant le record des violations des droits de l’homme dans cet hémisphère. 83% de cette aide de 1.3 milliards de dollars sont destinés aux militaires.

SOMALIE 1992-94 : Troupes, marine, bombardements, l’occupation des Nations unies durant la guerre civile : sous la direction des USA, raids contre une faction de Mogadiscio. En outre après s’être rendu compte de leur incapacité à gérer le problème, les soldats américains s’en allèrent laissant derrière eux un pays à feu et à sang.

YOUGOSLAVIE 1992-94 : Marine, blocus de l’Otan contre la Serbie et le Montenegro.

BOSNIE 1993-95 : Jets, bombardements, zone d’interdiction de vol surveillée durant la guerre civile ; avions abattus, bombardements des Serbes.

HAITI 1994-96 : Troupes, marine, blocus contre le gouvernement militaire, les troupes réinstallent le président Aristide trois ans après le coup d’Etat.

CROATIE 1995 : Bombardements de la Krajina, les aérodromes serbes sont attaqués avant l’offensive. Les américains ont tout fait pour aider les croates dans leur contre offensive éclaire.

ZAIRE (CONGO) 1996-97 : Troupes, Marines dans les camps de réfugiés hutu, dans la zone où commence la révolution.

LIBERIA 1997 : Troupes, soldats sous le feu durant l’évacuation des étrangers.

ALBANIE 1997 : Troupes, soldats sous le feu durant l’évacuation des étrangers.

SOUDAN 1998 : Attaques par missiles d’une usine pharmaceutique supposée être une usine névralgique ’terroriste’ de fabrication de gaz. Plus de 30.000 civils tués. Les USA bloquent l’enquête de l’ONU au Conseil de sécurité des Nations unies.

AFGHANISTAN 1998 : Attaques par missiles contre les anciens camps de la CIA utilisés par les intégristes musulmans supposés avoir attaqué des ambassades.

IRAK 1998 : Bombardements, missiles, quatre jours de frappes aériennes intensives après que les inspecteurs de l’armement soupçonnent les Irakiens de faire obstruction à leurs opérations de controle.

YOUGOSLAVIE 1999 ; Bombardements, missiles, lourdes frappes aériennes de l’OTAN après que la Serbie refuse de se retirer du Kosovo. Cette opération militaire fut faite sans l’aval de l’ONU et à la suite du piratage de la conférence de Rambouillet. Il apparaît en effet que Madeleine Allbright a tout fait pour rendre un accord impossible du côté serbe.

YEMEN 2000 : Marine, un attentat suicide à la bombe est opéré contre le navire USS Cole.

MACEDOINE 2001 : Troupes de l’OTAN se déplacent et désarment en partie les rebelles albanais de l’UCK.

AFGHANISTAN 2001 : Mobilisation massive des Etats-Unis pour attaquer les talibans et Ben Laden désignés comme les commanditaires des attentats du 11 septembre 2001.

VENEZUELA 2002 : dernier fait d’armes de la CIA, le soutien de la conspiration et de la tentative de coup d’état anti-Chavez au Venezuela.

IRAK 2003 : renversement du régime dictatorial, certes, de Saddam Hussein, mais à l’encontre du droit international et de la décision de l’ONU.

Notes

[1] tiré de : www.voxnr.com.

[2] Je tiens à remercier Zoltan Grossman qui a réalisé excellent travail de complilation. Parmi les sources qu’il a utilisées, outre des rapports d’infos, il y a les Archives du Congrès (23 juin 1969), 180 débarquements, par la Section Histoire de l’U.S. Marine Corps, Ege & Makhijani dans Counterspy (Juillet-août 1982), et Daniel Ellsberg dans Protest & Survive. "Exemples de recours aux Forces américaines à l’étranger, 1798-1993" par Ellen C. Collier du Service des Recherches de la Bibliothèque du Congrès. Source : A century of U.S. military interventions : From Wounded Knee to Afghanistan, Compiled by Zoltan Grossman . Tiré de : www.oulala.net.

[3] Il va s’en dire que nous nous attaquons, non pas au peuple américain mais bien à l’élite qui dirige ce pays. Il nous semblait important de le souligner en ces moments où l’on tombe trop souvent dans les amalgames les plus simplistes. Nous ne sommes pas anti-américains mais nous réprouvons la politique de ses divers gouvernements..

[4] Gantanamo, lieu sinistre où l’on sait qu’il s’agit ni plus ni moins qu’un camp de concentration où sont parqués les prisonniers talibans pris lors de la guerre americano-afghane. Le seul droit de ces prisonniers est de ne pas en avoir. Cela est tout à fait identique au statut des prisonniers des camps de concentration nazis ou soviétiques de triste mémoire. Alors, les USA, pays des droits de l’homme et de la liberté ?

[5] Voir l’article sur cette société secrète sur ce site. Cette société secrète, issue de Yale, véritable club de l’establishment américains, est raciste, misogyne, prône la réussite sociale et l’argent comme panacée de la réussite de la vie de l’homme, anti-pauvres et possède un pouvoir sous-terrain dans toutes les sphères du pouvoir des Etats-Unis (finance, politique, armée, justice, etc).

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Vendredi 27 juillet 2007 5 27 /07 /2007 18:18

Introduction

On sait depuis un certain temps maintenant que Christophe Colomb ne fut pas le premier à avoir découvert le continent Américain  [1] Bien avant lui, les Vikings y ont installé leurs campements dans le Nord, du côté de Terre Neuve, c’est maintenant un fait établi car on à retrouvé des drakkars et des traces de campements et, on en est même à se demander si, avant eux encore, les Phéniciens et les Egyptiens n’auraient pas tenté le voyage... Certains émettent même l’hypothèse que les templiers auraient, via les courants des mers chaudes réussi à y accéder. On se demande en effet toujours d’où leur venait leur immense fortune en or. Certains disent qu’ils ont découverts le trésor caché par les juifs après leur défaite (voire le trésor de Salomon) contre les romains en 70 de notre ère, ou alors…Que de mythes et d’hypothèses mais voilà, il y des faits : des cartes ainsi que d’autres indices très troublants.

Le fait est qu’on a trouvé de la cocaïne en quantité dans certaines momies égyptiennes, et que la coca ne pousse qu’en Amérique du Sud !... Mais un autre indice laisse penser que la rotondité de la Terre fut connue et sa surface explorée bien avant ! Ce sont les "Cartes de Piri REIS", alors Amiral de la flotte de Soliman le magnifique Nous sommes au 16e siècle.

La carte qu’on lui attribue est selon la wikipedia "une carte ancienne, découverte en 1929 lors de la restauration du Palais de Topkapı à Istambul. Dessinée sur une peau de gazelle, elle détaille surtout les côtes occidentales d’Afrique et les côtes orientales de l’Amérique du Sud. On pense que c’est le célèbre amiral et cartographe ottoman Piri Reis qui l’aurait tracée en 1513.

L’élément particulièrement surprenant sur cette carte est le détail d’une côte connectée à la zone australe de l’Amérique du Sud dont certains disent qu’elle ressemble à la côte de l’Antarctique. Cette affirmation revient notamment à Charles Hapgood, professeur américain d’histoire des sciences dans son livre Cartes des Anciens Rois des Mers (Maps of the Ancient Sea Kings). Mais le fait que le dessin aurait été réalisé 300 ans avant la découverte officielle de l’Antarctique et que le dessin de la carte montre la côte telle qu’elle se présente sous la glace (ce qui ferait remonter les informations à 10 000 ans) va à l’encontre de cette explication.

En outre, la carte de par les distances précises entre les continents Américain et Africain implique la connaissance des longitudes : le fait est troublant car cette unité de valeur pour calculer les distances Est-Ouest n’existe que depuis le XVIIIe siècle.

Certaines études contestataires expliquent que, pendant des siècles, les cartographes ont dessiné une côte australe, selon la seule hypothèse qu’une telle terre devait logiquement exister. La ressemblance avec l’Antarctique serait alors pure coïncidence sur la carte de Piri Reis. D’autres scientifiques comme Steven Dutch pensent que l’assemblage de cartes qu’aurait réalisé Piri Reis aurait provoqué une distorsion au niveau de Curitiba au Brésil, et que le dessin ne représenterait pas l’Antarctique mais la côte sud du Brésil, de l’Uruguay et de l’Argentine.

Gregory C. McIntosh, dans son livre The tale of two admirals - Columbus and the Piri Reis Map of 1513 (Mercator’s World, mai-juin 2000) a examiné en profondeur les énigmes posées par la carte de Piri Reis, et a démontré qu’elle était un assemblage de plusieurs cartes de Christophe Colomb ; par exemple on remarque que les Îles Vierges, qui ont dû être reprises sur deux cartes distinctes, sont représentées en double ou encore que les noms des ports et îles sont directement empruntés aux cartes de Colomb" [2]

En outre il faut savoir qu’une vingtaineaine d’années avant Colomb (1492 donc), les rois du Portugal et du Danemar ont fait entreprendre par leurs deux meilleurs marins une expédition visant à redécouvrir le fameux Vinland des sagas islandaises. Elle fut menée dans le plus grand secret par ces deux marins. Ils n’ont pas trouvé le fameux vinland qui devait se trouver plus au sud mais ont bien redécouverts les côtes américaines de Terre-Neuve. Incroyable, non ?

Une dernière hypothèse enfin : les expéditions de l’amiral chinois Zheng He au 15e siècle.

Silence Total

Il faut savoir qu’à l’époque le fait de voler et de permettre l’acquisition d’une carte portugaise par une autre cour européenne était passible de mort.

Or, à l’époque de Colomb, évidemment, nul ne savait que le Groenland était composé de deux îles, revêtu qu’il était de quelques milliers de mètres d’épaisseur de glace, et on connaissait encore moins l’Antarctique dont on ignorait jusqu’à l’existence, à plus forte raison le contour "hors-glaces" de ce continent. Un tas d’autres détails montrent des montagnes ou des îles là où on les découvrira seulement quelques décennies plus tard..

Plus encore que la "source" de ces compilations à laquelle Colomb a pu avoir accès, (probablement les Templiers portugais puis l’école d’Henri le Navigateur), on s’interroge sur la manière dont ces renseignements ont pu être obtenus pour réaliser les cartes d’origine avec autant de précision. Certains auteurs n’hésitent pas à avancer l’explication d’une civilisation antérieure au déluge qui aurait bénéficié d’engins volants capable d’effectuer une cartographie aérienne. Ce n’est probablement pas la bonne explication car nous aurions retrouvé des cartes quasiment parfaites

Mais il est pratiquement certain que des gens ont pu effectuer ces relevés à une époque où les glaces ne recouvraient pas les pôles ! Ce qui amène à considérer qu’une civilisation avancée existait sur Terre il y a au moins 50000 ans.

L’étude des carottes de glace permet aux scientifiques de remonter le temps jusqu’à 150000 ans en arrière. Ils ont ainsi découvert que des rivières telles celles figurant sur la carte d’Oronteus Finaeus avaient existé en Antarctique, quelque 4000 ans avant J.-C...

Tordesillas

Quand on regarde l’histoire de la colonisation du Nouveau-Monde à partir de 1492, on est frappé par une chose. Pourquoi diantre les Portugais qui étaient les maîtres incontestés des mers à cette époque n’ont-ils conquis que le Brésil alors qu’ils avaient les moyens de prendre bien plus de terres aux Amériques. Ils dominaient en effet le commerce avec l’Orient via le contour du continent africain et ils ne s’installèrent qu’au Brésil ? En outre une expédition secrète menée une 20aine d’années avant Colomb et conjointement avec les danois ont les ancêtres avaient découverts l’Amérique (le fameux Vinland), avait permis aux deux pays de redécouvrir le Nord du Continent américain ! L’explication se trouve dans le traité dit de Tordesillas (1494) qui fut imposé aux deux grands par le pape Alexandre VI et qui contraint les Espagnols et les Portugais à tracer les limites territoriales entre les territoires que les deux pays pouraient s’approprier : ainsi tout ce qui serait découvert à l’ouest du méridien (Amérique moins le Brésil) appartiendrait à l’Espagne et à l’est (Brésil et Afrique), au Portugal.

En voici quelques lignes : "Ferdinand et Isabelle, par la grâce de Dieu, [...]. Ainsi, que son altesse, le sérénissime Roi de Portugal, [...] afin d’établir, de prendre acte et de se mettre d’accord avec nous [...] sur ce qui appartient à l’un et à l’autre de l’océan qu’il reste encore à découvrir. Leurs altesses souhaitent [...] que l’on trace et que l’on établisse sur ledit océan une frontière ou une ligne droite, de pôle à pôle, à savoir, du pôle arctique au pôle antarctique, qui soit située du nord au sud [...] à trois cent soixante-dix lieues des îles du Cap-Vert vers le ponant [...] ; tout ce qui jusqu’alors a été découvert ou à l’avenir sera découvert par le Roi de Portugal et ses navires, îles et continent, depuis ladite ligne telle qu’établie ci-dessus, en se dirigeant vers le levant [...] appartiendra au Roi de Portugal et à ses successeurs [...]. Et ainsi, tout ce qui, îles et continent [...], est déjà découvert ou viendra à être découvert par les Roi et Reine de Castille et d’Aragon [...], depuis ladite ligne [...] en allant vers le couchant [...] appartiendra auxdits Roi et Reine de Castille [...]."

Signé le 7 juin 1494 entre les Rois Catholiques et Jean II de Portugal, sous l’égide du pape Alexandre VI, puis confirmé par le pape Jules II, il fixait une ligne de démarcation à environ 2 000 km à l’ouest des îles du Cap-Vert (voir carte) : les territoires situés à l’est de cette ligne, connus et inconnus, sont attribués au Portugal, ceux de l’est à la Castille. Parfois appelé « traité de répartition du monde », il venait régler, après les traités d’Alcoçavas (1479) et de Tolède (1480), la rivalité des deux pays engagés dans les « Grandes Découvertes ».

Mais les portugais durent se battre pour pouvoir avoir un accès au Nouveau-Monde. En effet, le 4 mai 1493, le pape Alexandre VI Borgia était d’origine espagnole, et dans la bulle Inter Caetera, avait fixé le tracé d’une première « ligne de marcation » allant d’un pôle à l’autre et passant à 100 lieues à l’ouest des Açores et du Cap-Vert. Estimant à juste titre leur domaine trop restreint, les Portugais avaient protesté et la ligne imaginaire fut reportée à 370 lieues.

Le traité de Tordesillas faisait de l’Atlantique Sud une mer portugaise, il assurait au Portugal le contrôle de la route du Cap mais aussi la libre navigation vers l’ouest, vers des terres dont on soupçonnait l’existence. C’est ainsi que le Brésil, découvert par Pedro Álvares Cabral en 1500, devint portugais.

Les intérêts de la France et de l’Angleterre, autres pays riverains de l’Océan, ne sont pas pris en compte dans ce partage du monde. Evidement, ils ne l’accèptent pas, aussi pendant plusieurs siècles les guerres coloniales vont se succéder. Bien sûr vous n’apprendrez pas cela à l’école. Pourtant la face du monde allait être changée pour un bon moment !

Mais encore

Nous savons maintenant de sources sures que les vikings ont découverts et se sont implantés au XIe siècle à Terre-Neuve. Nous le savons grâce à la saga d’Erik le Rouge (Eirikr Thorvaldsson) qui relate l’histoire de quatre personnes qui participent à l’exploration et à l’établissement scandinave en Amérique du Nord : Bjarni Herjólfsson, Leifr Eiriksson, Thorfinnr Thordarson et Freydis Eiriksdøttir.

À bord des navires, en direction du Groenland, il y a « des hommes, des femmes, des enfants, des bovins, des moutons, des chevaux, des cochons et des chiens… du foin pour les animaux, du poisson séché, de la viande séchée, du fromage et du beurre, des outils agricoles, des articles pour la maison, des tentes, de l’équipement de chasse, des armes — bref, tout ce qu’il faut pour vivre à cette époque. »

Il ne s’agissait pas d’une partie de plaisir, vous vous endoutez, et ce voyage très dangereux de l’Islande au Groenland, a été l’une des plus grandes expéditions de tous les temps dans l’Arctique. Jusqu’à 600 personnes seraient montées à bord des 25 bateaux. Seuls 14 d’entre eux sont parvenus au Groenland, les autres ayant sombré ou fait demi-tour 

Il faut savoir que les vikings n’étaient pas ces brutes avides de sang et qui détruisaient tout sur leur passage. Cette vision des choses est due aux écrits des moines seuls dépositaires au Moyen-Age de l’écrit. Or avant leur conversion au christianisme vers le 10e siècle (999 en Islande), ils pillaient les endroits les plus riches, c’est à dire les monastères. Voilà pourquoi les moines en avaient si peur. Sinon, en réalité, selon Régis Boyer, le spécialiste du phénomène, ils étaient très en avance dans de nombreux domaines et notament en ce qui concerne le navigation. De plus ils s’intégraient parfaitement là où où ils s’établissaient : la Normandie, l’Angleterre (1066), la Sicile, etc. Ils peuvent être considérés comme les premiers européens au sens intégrationiste du terme.

Mais il y a peut-être plus : de hardis navigateurs comme eux ont très bien pu longer les côtes du Nord vers le sud du continent américain. Des traces troublantes vont dans ce sens. On a trouvé des écrits en runes en Amérique du Sud. Il exisait une peuplade d’hommes blancs, aux yeux bleus et à la barbe blonde dans certaines régions du futur empire inca. Ainsi que d’autres artefacts qui ont été trouvé. Pourqupoi n’en parle-t-on jamais ? Mystère. Mais l’histoire officielle est une chose, la vérité historique, une autre...

Et l'Antiquité?

Les théories voulant qu’il y ait eu des contacts entre l’Europe et l’Amérique au Moyen Âge ou dans l’Antiquité ne datent pas d’hier. Mais cette fois, les chercheurs pensent avoir une preuve solide. Il s’agit d’une statuette indiscutablement romaine retrouvée dans une tombe indiscutablement pré-colombienne. Reste à déterminer ce que signifie cette découverte : y a-t-il eu des contacts commerciaux réguliers, ou les anciens Mexicains ont-ils simplement pillé l’épave d’un navire romain égaré dans les Caraïbes ?

1. Une pièce de monnaie antique représentant un navire.

2. La statuette à l’origine du débat est en terre cuite et ne fait que quelques centimètres de haut. Elle représente un homme barbu et son style n’a rien à voir avec l’art précolombien. Depuis sa découverte, en 1933, à 65 km à l’ouest de Mexico, elle a provoqué des débats passionnés chez les archéologues. Mais curieusement, on avait oublié où elle se trouvait, relate un article publié dans New Scientist.

Après des recherches, Roman Hristov, un anthropologue américain qui n’est pas attaché à une université, l’a finalement retrouvée dans les collections d’un musée de Mexico. Il a prélevé un échantillon qu’il a soumis à un test poussé de thermoluminescence en Allemagne. C’est ainsi qu’il a pu déterminer que l’argile qui la compose a été mise au feu il y a 1 800 ans. Les experts en art, pour leur part, ont estimé qu’il s’agissait d’une oeuvre romaine remontant environ à l’an 200. Bref, les avis concordent. Restait à démontrer que la tête en question était arrivée en Amérique avant Christophe Colomb. Heureusement, les fouilles de 1933 ont été menées par des professionnels rigoureux. La statuette se trouvait dans une tombe elle-même scellée sous trois planchers différents, ce qui confirme que l’endroit a traversé les âges intact. Quant au contenu du tombeau, tout donne à penser qu’il a été fermé au plus tard en 1510, soit une douzaine d’années avant l’irruption des Espagnols au Mexique.

Plus fort encore : Il existe à Pompei une fresque d’un Ananas, un fruit purement américain, ensuite il y a quelques années on a trouvé une galère romaine dans l’Amazonie !. Un autre mystère persiste celui des Egyptiens. Ils connaissaient le Tabac et la Coca ! Pour ce dernier des preuves iréfutables ont été trouvé dans les cheveux des momies égyptiennes, ils contenaient des substances qui prouvent qu’ils prenaient de la coca. Ces traces de cocaïne ont divisé profondément la communauté scientifique.

Un autre peuple de navigateurs aurait pu également atteindre les côtes américaines : les phéniciens. On a découvert une de leur galère en Afrique du Sud. Or si on tient en compte le fait que les portugais réalisèrent le même exploit des siècles après, pourquoi pas. Surtout qu’ils étaioent un peuple de marchands et que l’on a retrouvé des produits purement américain sur des momies égyptiennes avec qui ils commerçaient. Encore une fois, faites vos jeux...

Les Templiers et l'Amérique

Les Templiers étaient immensément riches et se sont retrouvés au Portugal après la destitution de l’ordre au début du 14e siècle. Or, les portugais possédaient des cartes (portulans) très anciennes qui leurs ont permis de faire des voyages dont on ne sait pas tout. On ne peut ni affirmer ni infirmer l’affaire, mais néanmoins ont a découvert an Amérique du Sud une croix griffue gravée sur une pierre ainsi qu’une date écrite en chiffres arabes et qui date du 14e siècle ! Faites vos jeux.

Notes:
[1] dans les années ’80 c’était toujours lui qui était présenté en humanités (lycée / collège) comme étant le premier. A l’Université fut abordé le cas des vikings. Mais pour le reste : rien. !
[2]Tiré de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_de_Piri_Reis."
[2]. Tiré de : http://perso.orange.fr/yanu/terre%20amerindienne/HTML/page13.htm.">
[4], une tribu indienne d’Amérqique du Nord, sont les descendants de Gallois ayant effectués la traversée vers l’Amértique grâce à des vikings.

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